‹ Études d'histoire religieuseChapitre 13 sur 18 · XXVI PREFACE · texte numérisé non relu

XXVI PREFACE

Tauteur pour en construire Tédiflce. Dans une autre série de travaux d'un caractère plus technique, en particulier dans mon Histoire générale des langues sémiliqueSy j'ai essayé de traiter, sous leur forme la plus spéciale, quelques-unes des questions que je ne pouvais présenter ici que par leur côté général. J'espère que ce qui semblera gratuit dans les aperçus que j'expose dès à présent au public paraîtra un jour dans sa pleine lumière, si, conformément au plan d'études que je me suis tracé, après avoir achevé l'histoire des langues sémitiques, il m'est permis de contribuer en quelque chose à éclairer l'histoire des religions sémitiques 'et des origines du christianisme. Je n'épargnerai alors aucun des détails que la nature des travaux recueillis cette fois m'interdisait de donner.

J'avais d'abord résolu de répondre ici à des critiques récentes, qui, par les erreurs de faits et les étranges raisonnements qu'on y a mêlés, bien plus que par leur valeur propre, semblaient appeler une rectification. Mais l'attaque règle la défense, et il m'eût été difficile de répondre au sophisme et à la subtilité sans être quelque peu fastidieux et subtil. Le silence que j'ai gardé jusqu'ici, et dont je permets à mes adversaires de triompher comme d'une victoire, je veux le garder encore. Autant je suis prêt à recevoir avec gratitude, à discuter, à adopter au besoin les observations vraiment scientifiques qui me seront adressées; autant je m'obstinerai à tenir pour non avenues les déclamations de l'esprit de secte et à éviter à tout prix ces pitoyables débals qui trop souvent rendent l'érudition ridicule, en substituant des questions de personnes à la recherche pure de la vérité. Si l'on prétend, par des injures, des citations falsifiées, des dénigrements anonymes et qui

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n*osent s'avouer, des équivoques habilement calculées pour faire illusion aux personnes étrangères à la science, m'arrêter dans la voie de recherches et de réflexion où je me suis engagé, on se trompe. Ces recherches ont eu pour moi de bonne heure un suprême intérêt; elles resteront toujours, sous une forme de plus en plus élargie, le principal objet de ma curiosité. Si j'étais, comme tant d'autres, esclave de mes désirs, si l'intérêt ou la vanité me guidaient dans la direction de mes travaux, on réussirait sans doute par de tels procédésà me faire abandonner des études qui ne sont d'ordinaire récompensées que I»ar l'injure. Mais ne désirant rien, si ce n'est de bien faire, ne demandant à l'étude d'autre récompense qu'ellemême, j'ose afflrmer qu'il n'est point de mobile humain qui ait le pouvoir de me faire dire un mot de plus ou de moins que je n'ai résolu de dire. La liberté dont j'ai besoin n'étant que celle de la science, ne saurait me manquer; si le xvu« siècle a eu sa Hollande, il est difficile que de nos jours l'amoindrissement des esprits, quelque général qu'il soit, aille à ce point qu'il n'y ait pas un coin du monde où l'on puisse penser à son aise. Rien , par conséquent, ne me fera dévier du planque je me suis tracé, et que j'envisage pour moi comme la ligne du devoir : recherche inflexible de la vérité, selon la mesure de mes forces, par tous les moyens de légitime investigation qui sont à la dispcsilion de l'esprit humain; expression ferme et franche des résultats qui me semblent probables ou certains, en dehors de toute arrière- pensée d'apphcation et de toute formule convenue; dociUté à me corriger lorsque la critique des personnes compétentes ou le progrès de la science m'y amèneront. Quant aux attaques de l'ignorance et du fanatisme, elles m'affligeront sans m'ébranler, quand

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î^e pourrai les croire sincères; dans le cas où il ne me serait pas permis de les considérer comme telles^ j'espère arriver par Thabitude à n'en être pas même attristé.

ETUDES

D'HISTOIEE RELIGIEUSE

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