‹ Études d'histoire religieuseChapitre 8 sur 18 · PRÉFACE. ' XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. ' XIX

vent revendiquer. L'infini ne saurait être renfermé dans un système : comment Fesprit humain saisirait-il, comment la pirole rendrait-elle ce dont Tessence esl d'être ineffable? Mais cette impuissance même du langage et de la raison pour épuiser Tidée que nous nous formons du monde divin, n'est-elle pas la plus grande marque d'adoration et l'acte de foi le plus significatif? Loin de mener à la négation, l'histoire philosophique des religions, en nous montrant la foi constante de l'humanité à un principe céleste et à un ordre suprême, mène donc à la foi; non à cette foi qui matérialise son objet dans des symboles grossiers, mais à cette foi qui pour croire à l'idéal n'a pas besoin de croire au surnaturel , et qui , suivant une pensée de saint Augustin , voit mieux la divinité dans l'ordre immuable des choses que dans les dérogations à l'ordre éternel.

Des faits qui se passent sous nos yeux, et qui compteront dans l'histoire de l'esprit humain, me confirment dans cette méthode , à la fois respectueuse et libre, sachantdiscernerla formequi passede l'espritqui demeure éternellement. Quelques restrictions, en effet, que Ton puisse faire sur le sérieux et la profondeur du retour religieux dont nous sommes les témoins, retour qui, comme tous les mouvements d'opinion, a dû servir bien souvent de prétexte aux calculs infécieurs et aux défaillances, on ne saurait nier qu'il ne s'y cache un véritable événement de l'ordre moral. Si ce retour s'est manifesté presque partout sous forme de conversion au catholicisme, c'est moins au catholicisme en lui-même qu'au sentiment rehgieux que l'on est revenu. Le catholicisme étant la plus caractérisée, et, si j'ose le dire, la plus religieuse des religions, toute réaction religieuse se fait nécessairement un peu à son nroflt. Disons pour-

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