CHAPITRE II
Page 42 : On confondait vulgairement l'emblème sensible et le Dieu invisible.
Chez les mazdéens, comme dans la plupart des écoles philosophiques gréco-romaines, on distinguait deux sortes de dieux : les dieux visibles, qui étaient les astres, et les génies ou démons, êtres d'une nature
aériforme, qui étaient les dieux invisibles. Cf. Platon, Épinomis. Cicéron, De Natura Deorum, montre que les stoïciens pensaient à peu près de même. Pour les uns donc Mithra était un génie; pour d'autres, pour le plus grand nombre, il était le soleil lui-même.
Page 46 : Les platoniciens enseignaient que les âmes étaient formées d'une substance ignée ou éthérée.
Ils distinguaient, on le sait, l'ame, principe de la vie, de l'essence supérieure ou cinquième élément, qu'ils appelaient intelligence. C'est ainsi qu'on lit dans le Timée (édit. Didot, p. 120, 1. 29) : " Dieu mit l'intelligence, tcv vcjv, dans l'âme, èv ^'^x% ^^ l'àme dans le corps.
Nous n'entendons d'ailleurs parler dans ces Études que des notions philosophiques répandues parmi les gens du monde, parmi ceux que nous appelons le grand public. Il n'était donné qu'à de rares esprits de comprendre et d'adopter dans leur pureté les doctrines profondes et subtiles exposées par Platon. La plupart de ceux qui se disaient ses disciples prenaient de grandes libertés avec les théories du maître et les alliaient généralement à des idées empruntées à d'autres écoles philosophiques (Cf. Cicéron, Be Finibus^ 5; De Natura Deorum, I, 12, 13. — Voir ci-dessus chapitre VII, page 237).