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LA RÉSURRECTION ET LES DISCIPLES JUIFS

Avant de faire du royaume des deux Tobjet de la Bonne Promesse, les Apôtres avaient calmé les inquiétudes de leurs disciples par l'assurance de la Résurrection,

Ceux qui avaient témoigné une absolue confiance dans la prochaine venue de TOint et dans l'établissement de son Royaume n'en mouraient pourtant pas moins. A quoi donc, demandait-on, servaient la foi dans la parole des apôtres, la soumission envers eux, l'abandon de tous les biens à leur profit, si le néophyte devait mourir tout aussi bien qu'un païen? Ne valait-il pas mieux pour lui en ce cas jouir joyeusement d'une vie qu'il allait perdre dès demain peut-être^?

A ces doutes et à cette légitime impatience les apôtres répondaient : Ceux qui ont cru à la Bonne Nouvelle et qui

* I Corinthiens, X\, 32.

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'sont morts sortiront de terre au jour de la venue de TOint; ils revêtiront tout aussi bien que les vivants un corps incorruptible et ils jouiront comme eux d'une vie heureuse et sans lin^ La mort devait ainsi être considérée comme un sommeil pour les élus de Dieu; et par suite le lieu de leur sépulture était appelé le dortoir, y.ct;j.r,TY;picv, mot dont nous

avons fait cimetière.

En une telle situation, beaucoup de bonnes âmes parmi les croyants ne pouvaient manquer de regretter vivement que leurs parents ou leurs amis, morts avant d'avoir connu la Bonne Nouvelle, demeurassent ensevelis sous terre alors qu'elles jouiraient éternellement de la lumière du jour; leur félicité ne leur semblait pas pouvoir être complète si elles n'étaient point réunies à ceux qu'elles avaient aimés; il en était qui sans doute auiaient préféré en ce cas renoncer à leur immortalité et partager le sort de ceux qui leur étaient chers. Était-il plus difficile de rendre à la vie les uns que les autres? Les Apôtres donnèrent satisfaction à ces sentiments en octroyant à des vivants le baptême au nom et pour compte des défunts, et en assurant de la sorte à ceux-ci le droit à la résurrection-.

Il semble qu'à un moment donné on ait voulu dans les églises faire de la résurrection, comme de beaucoup d'autres idées, une sorte de révélation appointée par le Messie. Selon

1 / T/i-ssaîoniciens, IV, 13-18 : " Or, mes frères, je ne veux pas que vous soyez dans rionorance au sujet des morts, afin que vous ne vous aftligiez pas comme les

autres hommes qui n ont point d'espérance car nous vous déclarons ceci par

la parole du Seigneur, que nons, les vivants, qui serons restés pour 1 avènement du

Seioneur, nous ne précéderons point ceux qui sont morts Ceux du Llirist qui

sont morts ressusciteront premièrement; ensuite nous, les vivants, nous serons enlevés avec eux sur les nuées à la rencontre du Seigneur. "

2 / Corinthiens, XV, '29 : " Que feront ceux (lui sont baptisés pour les morts, si les morts ne ressuscitent point? l>ourquoi donc se fait -on baptiser pour les morts? " Cf. Tertullien, Du la Résiwrection de la chair, 48.

LA RÉSURRECTION

le 2® Évangile', en effet, Jésus descendant de la montagne après la scène de la transfiguration aurait fait défense à Pierre, Jacques et Jean qui l'accompagnaient, de parler de ce qu'ils avaient vu jusqu'à ce que le Fils de l'Homme fût ressuscité; et ceux-ci se seraient alors demandé les uns aux autres ce que voulait dire " ressusciter des morts ".

Il serait étrange que jusqu'à ce moment les principaux et les plus intimes disciples de Jésus eussent complètement ignoré ce qu'on pouvait entendre par résurrection. Sans avoir besoin de recourir aux témoignages de Josèphe, du Talmud, de Tacite et d'autres encore, les textes évangéliques contiennent des questions posées à Jésus par des Sadducéens et des paroles attribuées à des Pharisiens, qui montrent que la giande majorité des Juifs pensaient que (^eux d'entr'eux qui avaient été fidèles à Jéhova recouvriraient la vie lors de la venue du Messie 2.

Il n'était question de la résurrection des morts ni dans la Loi, ni dans les prophètes antérieurs à la captivité de Babylone. Mais comme tous les dogmes devaient avoir été formulés dans leurs livres sacrés, les rabbins prétendirent y trouver la démonstration scripturaire de cette croyance. Ils la virent ainsi dans quelques pages où leurs prophètes, pour animer les cœurs d'une indestructible espérance dans la fortune réservée à Israël, se servaient d'émouvantes paraboles.

On lisait dans Isaïe^: ''Nous ne saurions en aucune

* 2e Evang., IX, 9, 10. - Cf. 1" Évang., XVIII, 1 et suiv.; 3« Évang., IX, 28 et suiv.

* 4« Évangile, XI, 24 : " Je sais, dit Marthe en parlant de Lazare son frère, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.''' — Actes, XXIII, 6-8: "Or Paul, sachant qu'une partie des juges étaient Sadducéens et l'autre Pharisiens, s écria dans le Sanhédrin : Hommes frères, je suis Pharisien, fils de Pharisien, et mis en cause pour l'espérance de la résurrection des morts. Quand il eut dit cela, la discorde se mit entre les Pharisiens et les Sadducéens et l'assemblée fut divisée; car les Sadducéens disent qu'il n'y a ni résurrection, ni ange, ni esprit; mais les Pharisiens reconnaissent l'un et l'autre. "

^ Isaïe, XXVI, 18, 49.

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manière délivrer le pays... mais ceux que tu avais fait mourir vivront... et la terre jettera dehors les trépassés.'' Quand le peuple se demandait :

Le ciel même peut-il réparer les ruines

De cet arbre séché jusque dans ses racines?

Ézéchiel faisait entendre sa voix. Après avoir figuré la terre de Juda comme un champ de sépulture, il s'écriait» : "Ainsi a dit le Seigneur éternel : Mon peuple, voici, je vais ouvrir vos sépulcres, je vous en ferai sortir et je vous ferai rentrer dans la terre d'Israël. Vous reconnaîtrez alors que je suis

rÉternel. "

Le peuple juif, habitué au langage allégorique des prophéties, ne s'était point trompé sur le sens qu'il fallait attacher à ces paroles. Il avait bien entendu que Jéhova promettait qu'Israël serait un jour affranchi de toute servitude et constuerait un puissant État. Aussi, dans les premières hétairies chrétiennes, les gnostiques ou lettrés déclaraient que ces passages n'avaient jamais eu qu'une signification figurée; et Tertullien^ leur répondait "que les Juifs n'avaient pas compris qu'il s'agissait réellement de la résurrection des corps, parce que leur esprit incrédule ne pouvait s'élever à la conception d'un si merveilleux acte de la puissance divine. " La réplique de Tertullien n'a aucune valeur, puisque avant Jésus les Juifs ont cru à la résurrection.

Les refus des Sadducéens, qui se disaient opposés aux innovations, d'ajouter foi à la résurrection, nous montre que l'attribution d'un sens matériel aux paroles des anciens prophètes fut chose tardive chez les Juifs. Les évangélistes en fournissent encore la preuve. Quand ils tentèrent de rat-

1 Ézéchiel, XXVII, 1 à 14.

2 B.ésurrection de la chair, 80.

LA ÏIÉSURRECTIOX.

tacher la promesse de la résurrection aux textes hébraïques, ils ne purent que faire dire à Jésus ^ : " Moïse montre que les morts lessuscitent quand il nomme au buisson le Seigneur, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob - ; car Dieu n'est point le Dieu des morts, mais celui des vivants. " C'est une interprétation arbitraire d'un verset de VExode.

Les premières mentions de la résurrection se trouvent d'abord dans le livre de Daniel, puis dans celui des Maccabées. Or l'auteur qui a écrit sous le nom de Daniel ayant été, ainsi qu'il le déclare lui-même, instruit aux écoles des Mages ^, et les livres des Maccabées n'ayant eu pour but que de glorifier l'insurrection contre les princes macédoniens de Syrie, on en peut conclure (jue cette croyance est venue des bords de l'Euphrate et qu'elle a été adoptée en Judée au temps des Asmonéens.

Dans le Zend Avesta, en effet, il est souvent question de l'époque future de la résurrection. On lit dans la Vendidad^ : " Zoroastre consulta Ormuzd en lui disant : 0 Ormuzd qui savez tout, l'homme pur ressuscitera-t-il, la femme pure ressuscitera-t-elle? Verra-t-on aller sur la terre donnée d'Ormuzd l'eau courante, les grains qui croissent? Toutes choses iront-elles sur la terre? Ormuzd répondit : Tout ressuscitera, ô pur Zoroastre. " Les écrivains grecs, protégés par les héritiers d'Alexandre et qui étaient à même d'être bien renseignés, rapportent que ce dogme était établi chez les Persans. Il était d'ailleurs la conséquence naturelle et inévitable des conceptions eschatologiques des Mazdéens, puisque tous les hommes, selon eux, devaient participer au bonheur universel qui suivrait le triomphe d'Ormuzd.

1 3=^ Évangile, XX, 37, 38.

* Exode, III, 6.

3 Daniel, I, 4.

* Vendidad, fargaiil 19; traduction d'Anquetil Duperron.

ÉTUDKS d'histoire RELIGIEUSE.

ni

Une telle croyance devait passer nécessairement des Perses aux Juifs. L'on sait que sous les Achéménides, quoique la Judée demeurât une province de l'empire persan, les anciens captifs des princes assyriens n'eurent qu'à se louer de l'autorité royale; beaucoup d'entre eux, malgré l'autorisation qui leur avait été accordée de retourner dans leur patrie, préférèrent le séjour de la capitale et y acquirent une certaine importance ^ Quand vint ensuite l'établissement de la domination macédonienne. Assyriens et Perses ne furent plus que les égaux des Israélites, leurs compagnons de sujétion; il n'y eut plus entre eux ces sentiments d'animosité qui régnent toujours entre les vainqueurs et les vaincus ; il y eut au contraire des motifs de rapprochement, d'union même. Les Séleucides n'étaient-ils pas les oppresseurs et les ennemis communs? Aussi, dès que les Parthes, sous leur surena Phraate, repoussant les armées syriennes, arrivent à l'Euphrate, la Judée se soulève à la voix des Maccabées; et l'on ne saurait voir là, croyons-nous, une coïncidence fortuite. Babylone était ainsi devenue, aux yeux des Palestiniens, la ville des lumières; les docteurs les plus écoutés parmi eux sortaient de ses écoles, àTexemple de Daniel et de l'illustre Hillel. C'est ainsi qu'une foule de croyances, telles que celle des démons et des anges, vinrent transformer l'ancienne religion mosaïque '^

D'autre part, quand les Maccabées exigeaient d'eux tant d'efforts et de sacrifices, les Juifs n'avaient pu manquer de se demander à quoi leur serviraient la rigoureuse observation de la Loi, le courage enthousiaste et la mort dans les combats, si le Messie ne devait être que le sauveur des

1 Daniel, H, 48 : "Alors le roi éleva en lionnour Daniel; il lui fit de nombreux présents et l'établit gouverneur de la province de Babylone. "

2 Cf. Michel Nicolas, Des Doctrines religieuses des Juifs.

LA RÉSURRECTION

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seules générations futures, de ceux que le hasard aurait fait vivre au jour de son avènement? Ne valait-il pas mieux manger et boire tranquillement sous le sceptre des rois grecs? Cette confiance en la résurrection venait donc à point pour répondre au sentiment naturellement né chez les Juifs de l'idée du Messie qu'ils attendaient; elle trouvait les esprits tout préparés à l'accueillir, et, propagée par les prêtres à la dévotion de pontifes-guerriers, elle entretint le fanatisme dans la lutte contre les Syriens*. " Dieu, au jour de sa miséricorde, vous rendra Vesprit et la vie que vous allez perdre pour lui, " s'écrie, à la vue de ses sept enfants périssant atrocement sous ses yeux, la mère héroïque qui dans.les Maccabées personnifie la Judée 2.

Dans le livre de Daniel, comme dans ceux des Maccabées, il est formellement annoncé que ce seront les corps mêmes des hommes morts courageusement qui reviendront à la vie. On lit dans Daniel^ : '' Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière se réveilleront. " Dans les Maccabées, il est dit d'un des sept jeunes gens dont la foi et le patriotisme demeurent inébranlables au milieu des tortures* : " On lui demanda sa langue, il la présenta aussitôt et tendit bravement les mains, s'écriant généreusement : J'ai reçu ces yyiemhres du ciel, je les abandonne volontiers pour la défense de ses lois, persuadé qu'il me les rendra de nouveau. "

De la façon dont il est parlé de la résurrection dans la prophétie de Daniel, on reconnaît que l'auteur la considérait comme une crovance commune aux Chaldéens et aux Juifs'».

* Les Pharisiens, partisans de la résurrection, jouèrent un rôle considérable dans le mouvennent national. Josèphe, Ant.jud., XVIlf, "2.

« // Maccabées, VII, 23.

^ Daniel, XII, 2 : xai iroXXo'i twv xaOcu^QvOwv Iv yr,? )(W{jiaTi l^eyepOr^iTovTai,

♦ U Maccabées, VII, 10, il.

Daniel, XII, 2. Cf. 5, G,

Théopompe cependant, dans un fragment qui nous a été conservé par PlutarqueS rapporte que, selon les Mages, à la fm de l'ordre actuel des choses, " le Iladùs sera vidé et que les hommes vivront heureux, n ayant point besoin de nourriture et ne projetant plus (l'o7nbre '\ Il ressortirait de là que, selon les doctrines mazdéennes, les morts, en quittant le séjour d'outre-tomhe pour revenir jouir de la lumière du soleil, n'auraient point le même corps qu'auparavant; ils deviendraient en quelque sorte des êtres immatériels, n'ayant à satisfaire aucun appétit charnel. Mais il est très probable que Théopompe ne parle ici que de l'opinion des classes éclairées de la Perse; les écrivains grecs s'occupaient peu des superstitions populaires; et c'est parmi elles sans doule qu'il faut placer la croyance à la résurrection

des corps'^.

C'est ainsi qu'au sujet de l'Egypte les historiens grecs nous entretiennent de la métempsycose, du jugement des âmes et des idées religieuses professées dans la société qu'ils fréquentaient, et qu'ils n'ont pas dit un mot de la résurrection des corps. Or, par l'étude des textes et l'interprétation des scènes figurées sur les monuments et les sarcophages, nos éminents égyptologues ont établi que la croyance à la résurrection des corps avait été générale parmi le peuple égyptien ^ C'est elle qui inspirait ce grand respect pour les restes des morts qui devaient être rappelés à la vie; elle a été l'origine de l'usage d'embaumer les cadavres. La plupart des cérémonies funéraires, les enve-

1 De Iside et Osiride, 47. -

« C'est probablement la conciliation de ces deux opinions que l'on trouve dans le Boun-dehesch^WW : " Il est dit dans la loi, au sujet de la résurrection des morts et du rétablissement des corps, que les hommes cesseront de man^^er de la viande, ne se nourriront que de fruits, puis de lait, ne boiront plus ensuite que de l'eau et enfm ne mangeront et ne boiront plus licn, et malgré cela ne mourront pas." 3 P. Pierret, Le Dogme de la résurrection chez les anciens Egyptiens.

LA RÉSURRECTION

loppes diverses des momies, les sujets peints, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des cercueils, ont trait aux différentes phases de la résurrection, telles que la cessation de la rigidité cadavérique, le fonctionnement nouveau des organes, le retour de l'àme.

Il en fut chez les Juifs comme chez les Persans et les Égyptiens. La croyance à la résurrection des corps fut le partage des classes populaires. Ainsi Philon distinguait l'àme du corps, lui attribuait une existence propre et tentait de montrer, par une interprétation subtile, que les livres de la Loi et ceux des prophètes avaient enseigné l'immatérialité et l'immortalité de l'àme. La secte aristocratique des Sadducéens rejetait la croyance à la résurrection, moins peutêtre parce qu'elle était étrangère aux doctrines mosaïques que parce qu'elle leur paraissait chimérique*. "Les Pharisiens eux-mêmes, selon Josèphe^, pensaient que les âmes humaines avaient un principe immortel et qu'après la mort, selon qu'elles avaient pratiqué le vice ou la vertu, les unes demeuraient éternellement enfermées sous la terre, les autres revenaient à la vie en prenant d'autres corps. " Cette sorte de métempsycose a probablement été professée par des Pharisiens lettrés, mais c'est certainement à tort que Josèphe l'attribue à la secte entière. Une pareille doctrine, en effet, n'a laissé aucune trace sérieuse dans l'histoire des Juifs. Les rabbins, ainsi que le Talmud le montre, enseignaient la résurrection des corps.

Ce sont les idées populaires qui régnaient autour d'eux qu'adoptèrent les apôtres palestiniens. Quand les évangé-

* VEcclésiaste, IX, 4, 7, leur disait : " Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. Les vivants savent qu'ils mourront, mais les morts ne savent rien, ne gagnent rien, ne se souviennent de rien... Va donc, mange ton pain avec joie, et bois gaiement ton vin, parce que Dieu a eu déjà tes œuvres pour agréables. "

2 Josèphe, Ant. jud., XVIII, 1. — Guerre des Juifs, II, 8,

LA RÉSURRECTION

listes parlent de résurrection, ils déclarent que c'est le même corps qui reviendra à l'existence'. Ainsi, selon les évangélistes, Jésus apparaît à ses disciples tel qu'il était avant sa mise au tombeau ; il leur fait voir les marques de son supplice encore empreintes à ses pieds et à ses mains; il reprend la vie commune avec eux et prend part à leurs occupations journalières; les apôtres, en conséquence, se déclaraient les témoins ou martyrs de la résurrection de Jésus '^.

Les évangélistes racontent encore que Jésus avait ressuscité plusieurs personnes, entre autres la fille d'un président de synagogue^, le fils unique d'une veuve ^, Lazare^. Lazare, disent-ils, après avoir été en putréfaction, se redressa de la tombe à la voix de Jésus et s'avança vers lui; on lui délia les bandelettes qui l'enveloppaient^il reprit alors son ancienne vie et, quelque temps après, il put donner l'hospitalité à Jésus et souper avec lui. D'autres morts encore, au moment où Jésus rendait le dernier soupir, sortirent, disaient les apôtres, de leurs sépulcres, entrèrent dans la sainte cité et furent vus de plusieurs personnes^. Ils affirmaient qu'ils avaient eux-mêmes ressuscité à Joppé une femme nommée Tabitha^.

Rien de ce que les disciples de Jésus rapportaient au sujet de la résurrection de leur maître et de celles qui avaient été opérées par eux ou en leur prés'ence ne choquait les habitants de la Judée ou de la Galilée. Ils ne disaient au contraire que des choses que leurs auditeurs

1 1er Évanjviie, XXVlll. — !2« Évangile, XVI. — 3« Évangile, XXIV. — 4« Évangile, XX, XXI.

- Voir nos Études au sujet de la persécution des chrétiens sous héron, en. IX. 3 I" Évangile, IX. — 2« Évangile, V. — 3« Évangile, VIII. * 3e Évangile, VII.

5 4" Évangile, XI, 1-4G; XII, 1.

6 1er Évangile, XXVII, .52, ,53.

7 Actes, IX, 36-43.

admettaient pour possibles, qu'ils attendaient du Messie; et ils ne demandaient que la production de témoignages auxquels ils pussent ajouter foi.

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