PREFACE III
point de deviner la nature, mais la force à nous dévoiler ses secrets.
L'expérimentation a donné au mot contage un sens qu'il n'avait pas antérieurement. Pour tout le monde aujourd'hui, le contage est un organisme ayant ses milieux préférés et dont le développement se fait suivant certaines lois. Cette doctrine réprésente-t-elle, avec ses conséquences l'expression immuable et définitive de la vérité ? Il faudrait bien mal connaître l'histoire du progrès scientifique pour le soutenir. Comme bien des doctrines, elle renferme probablement une part de vérité et une part d'erreur. Faut-il ne songer qu'au second élément pour la considérer comme non avenue et la rejeter en bloc? En aucune façon.
Les théories microbiennes, déjà soupçonnées dans l'antiquité (1), sont, quoi qu'on puisse dire, un critérium dont il n'est plus permis de se passer quand on étudie les maladies contagieuses. J'ajoute même qu'elles règlent la prophylaxie. Lorsque, dans une maladie comme la phtisie, on connaît l'agent direct de l'infection, il n'est pas toujours possible de le détruire, parce que chaqiie tentative faite dans ce but peut nuire au milieu au moins autant qu'au parasite ; par contre, il est rationnel de porter notre attention sur les mesures préventives, de chercher à lui interdire l'entrée de l'économie, par l'isolement et la désinfection.
(1) Le passage suivant de Vairon le prouve assez clairement : « Advertendiim etiam si qua erunt loca palustria, et propter easdem causas et quod arescunt, crescunt animalia quaBdam minuta quae non possunt ocule consequi, et per aéra intus in corpus per os ac nares preveniunt at qui efficiunt difficiles morbos ». (De re rustica. Lib. 1, cap. XII, p. 74, édit. N isard).
Varron s'appuyait sur cette opinion populaire pour défendre de bâtir auprès des marais.