‹ Études d'institutions romainesChapitre 39 sur 87 · Date de la réforme · texte numérisé non relu

Date de la réforme

Si l'on admet avec moi que ces deux mesures sont corrélatives, la nouvelle classification étant destinée à remplacer l'ancienne, il suffira de trouver la date de l'une pour connaître la date de l'autre. Or il ne saurait exister de doute pour la dernière ; elle ne peut émaner que d'Auguste, car elle suppose l'existence de l'ordre sénatorial créé par ce prince. On remarquera aussi que Tite-Live, son contemporain, emploie déjà, par anticipation sans doute, mais peu nous importe, l'expression ^.''équités illustres attribuée à la nouvelle classe des chevaliers, ce qui prouve bien que cette classe était déjà créée de son temps (1). Suétone signale d'ailleurs cette réforme quand il énumère les avantages accordés par Auguste aux chevaliers d'origine sénatoriale. Mais il n'est pas bien certain que la première mesure, la fusion des équités equo publico, ail été, comme celle-ci, l'objet d'une loi. Du moins nous n'en découvrons pas la moindre trace dans les auteurs. Aussi serais-je assez porté à croire qu'elle s'est accomplie pour ainsi dire d'elle-même, par voie de conséquence, lorsque la jiouvelle classification a été officiellement établie. En tout cas, elle est déjà réalisée en grande partie sousAuguste> puisque Denys d'Hahcarnasse compte de son temps cinq mille chevaliers equo publico.

Ce qui est certain, c'est que cette double transformation était déjà faite dans les mœurs avant Auguste. On la trouve, en effet, indiquée très nettement dans les écrits de Jules César où l'on ne voit jamais les simples équités opposés aux chevaliers equo publico, tandis que cette opposition

(1) 30, Itj. De même Tacite suppose sous Auguste l'existence de cette catégorie de chevaliers. Ann.'2, 59: nam Aufjuslus... velilis nisi pennissu ingredi senalorihus, aut equilihus romajùs inhialribus, scposuit Aeyypluni.

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existe toujours entre les chevaliers et les fils de sénateurs (:2). On voit donc qu'ici, comme sur bien d'autres points d'ailleurs. Auguste ne fut pas aussi novateur qu'on serait tenté de le croire car il s'est borné à faire passer dans la loi une transformation déjà consacrée par l'usage.

Çl) lî. C. 1, 23 : Caesai- ubi illuxit omnes senatores scualoriDnijue Ubcros tribiinos militutn equitusque romanos ai se produci jubct. Eranl senaloril ordinis L. Doinitiiis, P. Lentulus Spinther, L. Vibiillius Rnfiis, Sex. Qiiinctilius Yarus qiiaestor, L. Rubrius; praetcrca (ilius Domitii, aliique coinpluros adolescentes e< mayniis numerus eqitiliunromanortim.oX :erant complures honesti adolescenles, senatorum filii et equestris ordinis, 3, 71 : cquilcs romanos Tulicanum Gallum senaloris filium .

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