DE LA HIÉRARCHIE ENTRE LES TURMES
potlièses ini^énieuses s'enchainent parfaitement. Malheureusement ce ne sont que des hypothèses. Nous avons vu qu'elles avaient été imaginées pour expliquer les passages des historiens grecs relatifs à la distinction entre les chevaliers d'origine sénatoriale et ceux de Vordo. Nous savons aussi que cette explication ne concorde pas avec les textes de ces liistoriens.
Voici encore deux inscriptions qui prouvent que ces théories ne sont pas acceptables. La première est consacrée à un sévir de la V lurme (1 ) :
M. FABIO. M. F. QVIR. MAGNO VALEPvIANO. X. VIR. STLITl b IVD. TRIB. LATICL. LEG. XI. CL P. F. XV. VIR. S. F. Q. CAND. VI. VIR. TURMA. V. TR. PL. PR. LVPERCO CVR. R. P. VELITERNENSIVM CVR. VIAE. LATINAE. IVR REG. TVSCIAE. ET PICENI. LE g.
AVGG. LEG. I. ITALICAE , SPLEXDIDISSIMVS. ORDO
CLVSINORVM. PATRONO OPTIMO. 013. BENEVOLEN TIAM. EIVS. IN. SE. CONLA TAM.
Fabius Magnus, qui n'est pas un descendant des anciens Fabii, malgré son sacerdoce de Lupercus, est sévir de la V turme. En tout cas, il est d'origine sénatoriale, puisqu'il s'intitule (ribunus laliclavius. On voit donc que les fils de sénateurs pouvaient appartenir aux dernières turmes.
(1) Annali 1803, p. 277 — Wilm. 1193. On poiirrail multiplier les exemples (le ce genre. Ainsi le fils dun consul est sévir de la VI" tmme.Corp. â,74'i7 et lu note. Voy. aussi ibid. 6300, 6'il9.
La seconde inscription concerne un simple chevalier de la 1" turme (1) :
P. AELIO. P. F
VER 0. EQV i TIC
ROM an 0. tu RMA
PRIMA qui V. A n N. XII. ME
S. X. D. XXII. P. AELIVS. FELIX
PATER. ET I OEMA
TER. Fz/io. PIE n/z SSIM 0. ET. DVLCISSIMO. ET. D VLCISSIMO.
FEGERVNT.
Rien qu'elle soit mutilée, cette inscription nous montre clairement qu'un chevalier pouvait faire partie de la première turme sans être fils de sénateur.
§ 3. — Composition des turmes.
.l'examine maintenant la composition des turmes équestres. Il faut naturellement distinguer ici entre les chevaliers qui sont dans le rang, et ceux qui les commandent ou les sévirs.
'1. Sévirs. — Que faut-il entendre par sévirs? On avait pensé jusqu'ici que c'étaient les six commandants des six turmes (2). M. Mommsen n'est point de cet avis. Partant de cette idée que le corps des chevaliers est organisé sur le modèle d'un véritable corps de cavalerie, il en conclut que les chefs doivent être les mêmes et que, par suite, chaque turme de chevaliers, comme chaque turme de cavaliers, est commandée par trois decuriones et trois optiones qui prennent ici le nom spécial de seviri, nom qui se rapporterait dès lors non pas au nombre des escadrons, mais au nombre des charges d'officiers dans chacun d'eux.
(1) Corps. Insc. X. 7280 : Equitio pour equiti.
(2) Voyez Borghesi, Œuvres, III, p. 279 j V. p. 384.
COMPOSITION DES TURMES 109
Cet argument ne me parait pas Lien concluant. En effet, j'ai montré plus haut les différences qui existaient entre les deux inslitulions. et je puis encore ajouter que les turmes de chevaliers n'étaient point comparables quant au nombre des personnes aux turmes de cavalerie, puisque les premières sont illimitées. On ne saurait donc, à cause de quelques ressemblances, conclure à une assimilation complète.
D'ailleurs, s'il y avait identité, pourquoi dans les inscriptions les officiers de cavalerie ne s'intituleraient-ils jamais scviri ou les seviri, decuriones et optiones ? Ce serait pourtant logique. Ne serait-il pas logique aussi que le décurion, s'il en existait parmi les chevaliers, voulût se distinguer de Voptio?Be plus, la manière dont' le titre -de- sévir est exprimé dans les monuments épigraphiques ne saurait se concilier avec l'opinion de M. Mommsen. Si sévir signifie l'un des six chefs de chaque turme, pourquoi trouvons-nous donc si souvent cette dignité exprimée sous la forme de sevù' turmarum equilumroynmioruml II est évident que la seule dénomination convenable serait celle de semr tiirmae.
J'ajoute encore que le mot sévir n'est jamais employé dans le sens où l'entend M. Mommsen. Nous retrouvons dans les jeux Troyens les turmes présidées par des magislri qui nous paraissent avoir, plutôt que les décurions et optiones, servi de modèle à nos sévirs ; or il est impossible ici d'établir l'assimilation entre cette institution et un corps militaire. Il en est de même des seviiH auguslales qui formaient un corps de six membres en tout.
Enfin, je ferai à cette opinion une objection que je crois décisive. S'il y avait six sévirs par turme, ces chefs, qui ne restaient en fonction qu'un an, puisqu'on n'en voit point qui marquent l'itération de leur litre, auraient donc été chaque année au nombre de trente-six. Si je prouve que ce chiffre est trop élevé, je le prouverai à plus forte raison pour celui do 360 sévirs qu'il faudrait compter, si l'on admettait, avec M. Mommsen, qu'il y a GO turmes de chevahers.
Mais où trouver le personnel nécessaire pour remplir ces emplois ?
Ceci nous amène à résoudre une queslion qui n'a pas été assez étudiée jusqu'ici, je veux parler de la question du recrutement des sévirs. Où les prenait-on? La réponse est facile ; il suffit d'ouvrir un recueil d'inscriptions pour voir que ce titre appartient toujours à un personnage de la carrière sénatoriale. Je ne connais qu'une inscription qui attribue ce titre à un homme qui ne s'est pas élevé au-dessus du rang équestre :
IMP. NERONI. CLAVDIO. DIVI. GLAV^DI. F. GERM