‹ Études d'institutions romainesChapitre 52 sur 87 · PAR QUI ET COMMENT E->T DRESSÉE LA LISTE · texte numérisé non relu

PAR QUI ET COMMENT E->T DRESSÉE LA LISTE

Mais par cela même nous pouvons être assurés que celle différence puremenl sociale élail la seule ; car s'il en avait existé une entre équités romani et équités cquo publico, il est bien évident que celle distinction de droit aurait été encore plus souvent relevée dans les monuments que l'autre qui n'était que de pure vanité (1).

Par qui et comment était dressée la liste des chevaliers

C'est l'empereur qui nomme les chevaliers ainsi qu'on le voit par les inscriptions que j'ai citées plus haut et dans lesquelles le décret impérial est mentionné. Le texte de Dosilhée, que j'ai rapporté aussi, prouve que c'était bien à lui que devait adresser sa requête celui qui voulait obtenir le cheval public.

Des sévirs et des princes de la jeunesse, nous savons fort peu de chose sur la façon dont ils étaient nommés. Auguste dans son testament nous apprend que ses petits-fils furent nommés princes de la jeunesse par l'unanimité des chevaliers. Mais il faudrait se garder d'en conclure à un droit formel pour l'ordre équestre de nommer ses chefs. En effet il serait peu logique de reconnaître à l'Empereur le droit de nommer les simples chevaliers et de lui refuser celui de choisir les sévirs. Ce choix si on l'accorde à l'ordo est inconciliable avec les pouvoirs censoriaux reconnus à l'Empereur. D'ailleurs il y a des textes qui attribuent formellement au chef de l'État la nomination du commandant des lurines équestres (2).

On comprend d'ailleurs fort bien pourquoi Auguste, dans

il faut compter encore dans cette catcgoiie des chevaliers de naissance tous ceux ({ui, dans les inscriptions, s'intitulent équités romani ou équités equo publico sans mentionner le décret impérial et tout particulièrement \espueri.

(1) Voy. encore Juvenal 8, 2;}ï^ : )inui\cipalis eques,!, 14: equitoique asiani, etc., distinctions qui découlent simplement de l'opinion publique.

(2) Vita Marci. 6. Zonaras, 10, 35.

son autobiographie, veut que ce soit Tordre équestre qui ait nommé ses petits-fils. Il ciierche par là à rehausser le prix de cette distinction en montrant qu'elle est le résultat d'un vœu spontané et unanime de l'ordre équestre.

Pour remplir ces formalités relatives au recensement des chevaliers, c'est-à-dire pour le contrôle de la fortune, de la naissance, etc., les empereurs avaient créé un fonctionnaire spécial dont il est déjà question dans le discours de Mécène (1), et que les inscriptions désignent sous le nom de a census equitum romanorum. Tous les personnages qui ont rempli cet emploi avaient déjà un rang élevé dans la carrière équestre. C'est pour cela qu'il est difficile de supposer que ce soit un subordonné du chef du service a lihellis et censibus. Peut être est-ce le même emploi (2).

Autrefois la liste des chevahers était dressée à chaque lustre par les censeurs. Cet acte s'appelait census, recensus, probatio recognitio equitum. Les textes, notamment ceux qui nous donnent la description détaillée de cette opération, entendent par ces mots le recensement des équités equo publico (.3). Dans cette cérémonie, les chevaliers comparaissaient devant le censeur rangés par tribus et tenant leur cheval par la bride ; ils devaient répondre aux interrogations du magistrat qui après examen leur conservait ou leur retirait le cheval public (4).

Sous l'Empire, la censure étant abolie le recensement des chevaliers n'a pu se faire sous cette forme, sauf peut-être sous l'empereur Claude qui, on le sait, prit le titre de censeur et en cette qualité exerça selon l'antique solennité les fonctions de sa charge. Telle est la conclusion que l'on pourrail tirer de ses médailles où cette cérémonie est représentée selon l'ancien usage (5).

(1) Dion, 52, 21, 24.

(2) Voyez Staatsrecht II, p. 886, note 4.

(3) Liv. 39, 44; 43, 16. Même langage sous l'Empire; Suet. Aug. 38 Claud. 4G. Cal. 16. Vesp. 9.

(4) Voyez notamment Plut. Pomp. 22.

(5) Spanheim, De praest. et usu num. p. 736.

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