‹ Études d'institutions romainesChapitre 55 sur 87 · PREMIERE ETUDE · texte numérisé non relu

PREMIERE ETUDE

DES SPURII

Comment dans les inscriptions romaines, doit-on lire les sigles S. S P' S P- F, et quel est exactement l'état- civil des personnes ainsi dénommées ? Cette délicate question a, de tout temps, préoccupé les épigrapliistes qui, pourtant, ne sont pas parvenus, jusqu'ici, à lui donner une solution complète et définitive. Actuellement il m'a semblé qu'avec les éléments nouveaux que nous fournil le Corpus, on pouvait entreprendre ce travail avec plus de chances de succès. C'est ce que j'ai tenté ; au lecteur de juger si j'ai réussi.

Le mot Spurius, dont l'étymologie n'est guère certaine (1); était un prénom romain (2). Comme tant d'autres, ce prénom devait tirer son origine d'une particularité de la naissance de celui qui le portait. Il s'abrégeait à l'origine par une seule lettre : S. et plus tard, par deux : S P. Le premier mode d'abréviation a été en usage jusqu'au temps de Cicéron, époque où il a été remplacé définitivement par le second (3).

* Cet article a paru dans le Bulletin épigraphique en septembre 1884.

(1) L'auleur du traité de nominibus, Gaïus (l,G4j et k-s jurisconsultes, Isidore (Orig. IX, 5) font dériver ce mot du grec : (mopà rmstpoi (jnop'JiZr,\i aemcn, sine pâtre, viihjo ronceptus. Plularque (quacst rom. 103/ réfute cette manière do voir. — Voy. Polt Ehjm. Forsch. 1,217 .* de se puro ou spucre,

(2) Il existe aussi en Etrurie : Ariod. Fabretti. C. /. It.n .2047.

(3) V. l'index du t. 1 du C. I. L. — iiorghesi, ouvres, t. III, p. 93,

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Dans la première période, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la République, le mot Spurius employé comme prénom n'a nullement pour but de désigner l'état civil de la personne qui le prend. Ainsi, soit dans les auteurs classiques, soit dans les inscriptions du premier volume àwCorpus, je ne connais aucun exemple de cetteexpression entendue, comme elle le sera plus tard, dans le sens d'enfant naturel. El la preuve^ c'est que lorsque le mot est écrit en loiiteslettres, il est impossible de lui donner cette signification. Exemple : POLLA-SPVRI •/". (1)

On voit qu'il faut lire non pas Spuria fliia, mms,Spurn filia ; en d'autres termes, fille de Spurius et non fille naturelle. C'est donc dans ce sens que nous entendrons l'abréviation S"F, dans cette période.

L'usage du prénom Spurius s'est maintenu même sous l'Empire, ainsi que nous l'apprennent les inscriptions. Comme les exemples connus sont peu nombreux, ils nous a paru utile de relever tous ceux que nous avons trouvés. Les voici:

M/FLAVIVS. M/- F- GEMELLVS

ANNOR- XX- MENS-1

SP.SERVILIVS- }iij},\phoDOTYS-¥U

FLAVIA-SVCCESSA-iMATER-GEMELLI

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