‹ Études d'institutions romainesChapitre 62 sur 87 · L'ENFANT NATUREL ROMAIN · texte numérisé non relu

L'ENFANT NATUREL ROMAIN

La condition de l'enfant naturel à Rome a élé, ici même, il y a peu de temps, l'objet d'une étude fort remarquée due à la plume fine et élégante du regretté professeur Paul Gide (1).

Jamais, à mon avis, cet esprit si juste et en même temps si original n'a élé mieux inspiré que dans ce travail qui forme si heureusement le complément de son beau livre sur la condition de la femme romaine. Il y aurait donc quelque témérité à refaire, après lui, celte élude. Aussi n"ai-je point celle prétention. Tout ce que l'on pouvait dire des textes juridiques que nous possédons en celte matière a été dit et fort bien dit.

Mais, à côté de cette source d'informations, il en est une autre très abondante et à laquelle on a fort peu puisé jusqu'ici : je veux parler de l'épigraphie. C'est donc à l'épigraphie que j'ai emprunté les principaux éléments de cette étude. Les nombreux documents qu'elle nous fournil permeltenl de contrôler d'éclaircir et même de compléter sur des points importants les textes juridiques. J'ai essayé d'en tirer le meilleur parti possible.

(*) CeUe étude a paru dans la A'Oia-Z/e )'ei'«e hist.de doit fr. et étr, en février 1 88 j.

(l) Voy. la Revue 1680 (p. 377 sq., p. 409 sq.). De la conditionde l'enfant naturel et de la concubine dans la lcijii>lalion romaine. Mémoire lu à l'Acad. dusse, mor. fév.1880.

On verra que, par cette voie, je suis arrivé à des conclusions qui ne diffèrent pas sensiblement de celles de M. Gide. C'est là ce qui m'encourage à publier ce travail, d'autant plus que ces conclusions, à cause de leur nouveauté, ont été, comme on sait, vivement contestées.

Ainsi que le titre l'indique, mon étude se divise en deux parties. Dans la première, j'ai essayé de déterminer les principes qui régissent le nom de l'enfant naturel, convaincu par mes études sur l'onomastique romaine, qu'il y a un lien très étroit entre le nom d'une personne et sa situation civile ou politique ; dans la seconde, je me suis efforcé de définir sa condition au point de vue du droit public et privé.

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