REATE. SE. VIVO. FECIT
SlBl. ET. IVLIAE. C. LIBERT
HELPIDI. CONIVGI. SVAE
ET. C. IVLIO. G. LIBERT. FELIGI.
ET POSTERISQVE. SVIS. FEC. etc. (2)
« Aux dieux Mânes. A G. Julius, fils de Gaïus, Longinus, de Philippes en Macédoine dans la tribu Vollinia, vétéran de
tus, deinde, posl deductionem Dertonam, Scaptite. Grotefend, Imperium romanuin tributim descrip. p. 15, adopte cette explication.
(1) Telle est l'opinion de Beloch, p. 36. Voy. infra, l'inscription de C. Cornélius Ver us et supra p. 10.
(2) Oielli, [Vm. Wilm. 2095.
la VIIIMégion Augnsla, envoyé (comme colon) par le divin Augusle Vespasien dans la tribu Quirina à Reate. Il s'est construit ce monument de son vivant, pour lui, pour Julia, affranchie de Gaïus, Elpis, son épouse, pour C. Julius, affranchi de Gaïus, Félix, pour sa postérité, etc. »
Il s'agit d'une de ces inscriptions concernant des soldats originaires de Philippes en Macédoine qui ont été envoyés comme colons à Reate, dans la Sabine, sous Vespasien.
Ici, aucun doute n'est possible. C. Julius Longinus, originaire de Philippes dans la Voltinia, a été envoyé comme colon, après son congé, à Reate, où l'inscription a été trouvée, et on l'a inscrit dans la Quirina, tribu de cette nouvelle patrie.
On pourrait relever encore de nombreuses inscriptions relatives au changement de tribu par suite d'un changement ô!origo. Mais il nous suffît d'avoir démontré que, sous l'Empire, les colons envoyés dans une colonie perdaient leur tribu primitive et étaient inscrits dans une nouvelle. Or rien ne prouve qu'il n'en a pas été ainsi de tout temps. On a vu, au contraire, que les colonies fondées depuis l'origine de la république étaient toutes inscrites dans une tribu rurale, bien que les colons fussent recrutés dans la plèbe de Rome composant les quatre tribus urbaines. Dès lors, on comprend pourquoi des tribus nouvelles ont pu recevoir les colons de Terracine, de Minturnes et de Sinuesse. En réalité, il s'agissait de recevoir sinon des nouveaux citoyens dans le sens absolu du mot, comme cela avait lieu pour les municipes, du moins des citoyens renouvelés.
Je crois même que l'on pourrait appliquer ce raisonnement à riiypothèse oîi une portion du domaine public aurait été distribuée virilim à des citoyens romains. Je veu.x dire que dans ce cas là aussi, on comprendrait parfaitement noire manière de voir, la création d'une nouvelle tribu ou l'inscription dans une tribu différente de la première.
Nous n'avons pas de preuve certaine qu'il en ail été ainsi ; mais il n'est pas douteux que le citoyen qui reçoit un lot de
terres, par suite d'un partage, ne soit dans une situation analogue à celle du colon envoyé dans une colonie : l'un et l'autre changent dJorigo. Au surplus, voici une inscription qui me paraît de nature à justifier notre solution :
G. CORNELIVS. G. F.
POM. UERT. YERVS