‹ Etudes d'oculistiqueChapitre 28 sur 38 · IR1T1S. !M · texte numérisé non relu

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œil a changé d'état; quand à la seconde objection, elle n'est que spécieuse ; dans l'obscurité la pupille se dilate pour laisser entrer plus de lumière dans l'œil , et si l'on ne peut distinguer les objets éloignés, c'est qu'il n'envoient pas assez de lumière à l'œil et que la dilatation de la pupille à ses limites , tandis qu'un objet rapproché envoie assez d'ondulations lumineuses pour être perçu ; mais placez un homme dans l'obscurité , ne verra-t-il pas très-bien les objets placés en dehors de cette obscurité , même fort éloignés , tandis quHl verra peu les autres. Tout dépend donc alors de la quantité de lumière reçue par l'œil , en d'autres termes de la puissance d'action de l'objet regardé et de l'intensité de l'impression produite sur la rétine.

Membrane pupillaire. — Il nous semble naturel de considérer comme une dépendance du petit cercle de l'iris, cette membrane qui parait au troisième mois de la vie , s'étale pour disparaître le plus souvent au septième à mesure que le tissu de l'iris se resserre et se condense. Les vaisseaux qui occupent la partie centrale du cercle se rapprochent du corps de l'organe , et laissent le champ de la pupille libre; cependant, quelquefois, le rapprochement ne se fait pas régulièrement, et alors l'on trouve une pupille divisée en deux : Tune, presque toujours très-grande, l'autre , plus petite , quelquefois de la grandeur d'une grosse tête d'épingle.

De la face postérieure de l'iris. — La face antérieure est une dépendance du système cornéen par la membrane de Décemet ; mais la face postérieure se rattache entièrement au système choroïdien. Si la chroïde est recouverte par la rétine , l'on reconnait aisément que cette membrane , après avoir contribué à [la formation des procès ciliaires et de la couronne de zinn , se replie sur l'iris. Dans la portion choroïdienne, la rétine est séparée du pigment par un tissu

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cellulaire dont Jacob a fait une membrane. Divers anatomistes affirment l'avoir reconnue sur l'iris. Le pigment et la membrane choroïdienne font partie de l'iris comme de la choroïde. D'après cette donnée , l'iritis séreux postérieur, serait plus grave que l'antérieur , puisqu'il y aurait risque qu'il gagnât la choroïde et en même temps la rétine , ce qui a lieu très-fréquemment et donne naissance à des cécités incurables. Cette même donnée nous conduit encore à comprendre comment dans l'iritis traumatique et même dans d'autres iritis qui attaquent plus spécialement l'uvée, l'on voit se produire un état variqueux très-grand, presque toujours compliqué d'hydrophtalmie et de perte de la vision , tandis que l'engorgement du canal de fontana et de ses afférents , constitue l'un des caractères graves de quelques iritis de la face antérieure.

Nous trouvons encore dans cette disposition anatomique , la raison de quelques capsulites consécutives à l'itiris : elles s'expliquent en effet, par la relation qui existe entre la capsule et la zone ou couronne de zinn , relation qui a fait créer le nom de membrane capsulo-pupillaire.

Où se fait la sécrétion du pigment ? Nous ne le savons , et ce point n'est pas encore éclairci. D'Ammon présente à ce sujet, une vue très ingénieuse ; mais dont la vérité n'est pas assez démontrée.

Hœc quidem membrana , dit-il , secretioni humoris aquœi prœest. Poster ior autem iridis faciès pigmentum nigrum secernit. Utraque sic iridis faciès , et si secretoria diversos , tamen exsudât humores. In iridis, facie anteriosi quam arteriosam vocaverim materies serosa sanguinis e reticulo vasculoso tenuissimo et tenerrimo stillat ; in posteriori iridis pariete quam venosam nominaverim in uvea carboneum et ferrum secernuntur , quœ pigmentum nigrum constituunt. Quod ad resorptionem humoris aquœi aitinet hane lumina serosa corne exercet.

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Cette manière d'envisager le rôle de la séreuse cornéenne , de la séreuse indienne antérieure et de la séreuse indienne postérieure, n'est certes pas exacte d'une manière absolue ; nombre de faits pathologiques prouvent que la séreuse antérieure de l'iris est pourvue de vaisseaux absorbants. S'il en était autrement, il y aurait bientôt hydrophtalmie, lorsque la partie postérieure de la cornée se recouvre d'une fausse membrane.

Des anatomistes très-habiles, loin de considérer la face antérieure de l'iris comme plus artérielle et la face postérieure comme plus veineuse, prétendent et protestent (Giraldès, Paris, 4838) que les veines de l'iris se trouvent toutes à la face antérieure. Cette opinion absolue, comme celle de d'Ammon, manque aussi elle de cette vérité qui fait le mérite des bonnes descriptions anatomiques.

Corps de l'iris. — Cette portion , composée de vaisseaux artériels et veineux , nous a toujours paru un tissu erectile. Elle est pourvue de fibres musculaires très-visibles chez certains animaux, et par suite il était naturel de la chercher chez l'homme. Maunois, Dugès, Lauth, Giraldès et quelques autres anatomistes, prétendent les avoir rencontrées: elles sont, dit Giraldès, sinueuses, parallèles entre elles, et semblables aux muscles des insectes. Pour moi, je crois avoir vu des fibres rayonnées. Les artères qui forment l'iris proviennent, comme on sait, des ciliaires longues qui proviennent elles-mêmes de l'ophtalmique, elles forment , dans l'iris, avant d'être tout-à-fait capillaires, le grand et le petit cercle artériel de cet organe. Les veines se rendent presque toutes au canal de fontana, ce sinus que d'Ammon compare aux sinus de la dure mère qui se trouve placé au point de réunion de l'iris à la cornée et de la cornée à la sclérotique. La position de ce réservoir veineux des vaisseaux indiens, nous expliquera

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plus tard certains engorgements locaux qui sont souvent

très-difficiles à guérir.

Les nerfs de l'iris sont les nerfs ciliaires que fournit le ganglion ophtalmique ; quelques filets proviennent des anastomoses fournies par les nerfs du ganglion sphéno-palatin. La nature de ces nerfs est extrêmement importante à connaître, puisqu'elle montre que le plus important des organes de la vie de relation , se trouve vivifié par les nerfs à action constante de la vie animale , afin sans doute , qu'il soit toujours prêt à fonctionner aussitôt les paupières ouvertes. Cette disposition explique peut-être aussi pourquoi dans lamydriase, la cautérisation de la cornée et l'électricité ne donnent trop souvent que des résultats momentanés bien qu'immédiats.

DES IRITIS.

Nous n'avons jamais vu d'iritis parfaitement idiopathique. Plus encore que les autres affections de l'œil , les maladies de l'iris se lient d'une façon toute particulière à l'état général de la santé, dont elles sont souvent l'une des expressions. Les iritis que nous avons étudiés sont l'iritis chlorotique , l'iritis scrofuleux , l'iritis rhumatismal , l'iritis dartreux , l'iritis syphilitique et l'iritis traumatique. Ici encore nous retrouvons donc les cinq grandes diathèses de l'économie dont nous nous proposons de faire ultérieurement l'histoire , en ce qui concerne les maladies oculaires. Ici encore nous trouvons la preuve de cette assertion, que les maladies organiques ne sont qu'une suite, qu'une conséquence de la constitution de l'individu, modifiée par le quid ignotum que nous nommons constitution médicale.

L'on pourrait faire un iritis du bord pupillaire , un iritis du centre de l'iris, un iritis de la partie ciliaire, parce qu'en effet Von trouve quelques fois cette disposition dans l'inflammation.

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On pourrait encore , et mieux , faire un iritis de la séreuse antérieure , un autre du corps de l'organe , un autre de la séreuse postérieure ; mais ces divisions ne se rattachent ni aux causes, ni au traitement de la maladie qui nous occupe : elles ne sont donc pas philosophiques, et nous les avons rejetées, car pour nous l'iritis est une maladie constamment déterminée par Tune des six causes que nous venons d'examiner, et sa marche est différente, selon celle à laquelle il se rattache. Nous allons étudier successivement l'iritis chlorotique et l'iritis syphilitique, afin de laisser peu de chose à dire sur l'iritis scrofuleux, l'iritis rhumatismal et l'iritis dartreux.

IRITIS CHLOROTIQUE.

Il y a beaucoup plus de chlorotiques qu'on ne se l'imagine? combien de femmes qui se croient bien réglées et qui le sont à peine un jour, la menstruation devenant séreuse ensuite pendant plusieurs ai:* -es; combien de femmes encore qui sont réglées trop abondamment et tous les quinze jours ou les vingt-un jours ; combien d'autres chez qui les retards sont réguliers. Je suis loin de dire que toutes soient chlorotiques, mais chez toutes il y a tendance à la chlorose. D'autres, essentiellement vigoureuses, deviennent cholorotiques temporairement par abus vénériens. Nombre d'hommes peuvent aussi être classés parmi les chlorotiques , car nombre d'hommes réclament une nourriture substantielle , les amers et les ferrugineux comme moyen d'avoir une santé régulière , un sang moins séreux et plus coloré.

L'iritis chlorotique se manifeste sous deux formes très-distinctes: la forme aiguë et la forme subaiguë ou chronique.

L'iritis chlorotique aigu et en général tous les iritis, présentent quatre phases : l'incubation, le développement^ l'état complet, la décroissance ou la propagation maladive aux par-

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lies voisines. Ces phases ne sont pas absolument distinctes ; mais elles sont réelles et servent à préciser les indications du traitement qui doit toujours avoir pour but, quand c'est possible, de faire avorter la maladie. Voici les quatre phases de l'iritis chlorotique aigu abandonné à lui-même :

1° Il y a du trouble derrière la pupille, l'eau de la chambre antérieure est généralement limpide comme de coutume ; la pupille est quelques fois resserrée , quelques fois un peu élargie, mais toujours peu mobile. Le malade accuse du trouble dans la vision , il croit voir une fumée et ressent une douleur profonde dans l'œil , plutôt gravatine que lancinante , il n'y a pas de photophobie , quoique l'œil soit sensible à la lumière ; la rougeur de la conjonctive est souvent fort peu intense ; point de bourrelet sanguin autour de la cornée. — Dans cet état il est très-facile de faire avorter la maladie , 2° Le bord pupillaire de l'iris change de couleur dans une largeur variable , et cette largeur indique la gravité du mal. Quelquefois le changement de couleur ne forme pas un anneau complet autour de la pupille, quelquefois, mais rarement, il se borne à un point. Le trouble portéro-pupillairefait place à une sécrétion blanche qui borde la partie décolorée du bord pupillaire. Cette sécrétion grandit peu à peu et remplit bientôt toute la pupille ; avec cette sécrétion surviennent , si elles n'existaient pas encore , des douleurs hemi-craniennes et surtout sus-orbitaires et temporales du côté affecté. La vision diminue au point que le malade ne distingue plus que l'ombre des objets. Il y a insomnie ;

3° L'œil présente un tel aspect, que souvent des médecins peu habitués aux maladies iridiennes croient avoir affaire à une cataracte capsulaire. — L'iris est tout-à-fait changé de couleur dans la partie altérée , l'œil est rouge , les douleurs de tête sont grandes ;

4° Si la nature n'agit pas suffisamment pour entraver la

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marche du mal et résorber peu à peu la fausse membrane qui obstrue la pupille et l'albumine épanchée dans le tissu de l'iris au pourtour de la pupille; celle-ci se resserre tout-à-fait, la maladie passe à l'état chronique et gagne la rétine , la choroïde et la capsule de cristallin , ce qui produit une cécité incurable ; souvent aussi , et c'est plus habituel , elle reste stationnaire.

A ces quatre périodes l'état du malade réclame un traitement un peu différent , comme nous allons l'exposer.

Première période : antichorotiques , ventouses sur le cou sèches ou scarifiées , bains de pied , saignée du pied dans quelques circonstances , frictions mercurielles fortement belladonées sur le front et la tempe du côté malade , répétées trois à quatre fois par jour au début , un ou deux purgatifs s'il n'y a pas de contre indication ; voilà le traitement , et généralement en huit ou dix jours il guérit.

Deuxième période : consulté à la seconde période de la maladie , le médecin emploiera encore la saignée du pied ou les ventouses scarifiées , ainsi que les purgatifs parmi lesquels il préférera le calomel administré d'heure en heure à la dose de cinq centigrammes à un décigramme , jusqu'à salivation , les mercuriaux en frictions et les antichlorotiques , mais il est rare qu'il réussisse ; il modère et règle l'inflammation sans obtenir rien de plus ; cependant ce résultat est encore très-important, en ce qu'il dirige le malade vers une guérison sans opération.

Troisième période : les émissions sanguines sont inutiles , il faut de temps à autre introduire dans l'œil de l'extrait de belladone mitigé par deux tiers d'axonge , pour éviter l'oblitération de la pupille , on emploie les mercuriaux en frictions et surtout le proto-iodure de mercure , on donne à l'intérieur l'iodure de potassium et le proto-iodure de fer.

Quatrième période : si le médecin a échoué malgré tous ses

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