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donner les coui's qui avaient [)opularisé son nom, de se renfermer dans les paisibles devoirs que lui avait imposés l'Académie française en le nommant son secrétaire perpétuel. Il regardait sa chaire comme un champ d'honneur. Un ouvrage important accélérait encore l'épuisement de ses forces. Tourmenté de la crainte que ses leçons orales ne fussent bientôt effacées de la mémoire de ses élèves, il voulut résumer dans un cours écrit les préceptes et les exemples qu'il avait disséminés dans ses improvisations.
Le temps fuyait, les infirmités se faisaient sentir. Andrieux craignait que ses facultés intellectuelles ne s'affaiblissent comme ses organes physiques. Il se hâtait donc, mais il se hâtait sans précipitation; car il voulait que son dernier ouvrage fût le moins faible et surtout le plus utile de tous ceux qu'il avait composés; il voulait que la jeunesse ne répudiât point le legs du vieillard. Mais la mort n'entendit point raison et avant d'avoir publié son cours de littérature, Andrieux rejoignit dans la tombe, en 1833, les amis qu'une douce conformité de goût et de travaux avait donnés à sa jeunesse.
« Il avait vu, a dit M. Thiers en prenant possession de son fauteuil à l'Académie française, il avait vu lutter bien des haines et n'en avait
jamais ressenti ni partagé; il avait traversé bien des partis et n'avait cherché qu'à les réconcilier; il avait vu changer bien des hommes et était resté toujours le même; il avait assisté à bien des révolutions et n'avait jamais songé qu'à la patrie. »
Novembre 1855.