‹ Études d'un autre tempsChapitre 30 sur 41 · CHARLES DE II KM USAT · texte numérisé non relu

CHARLES DE II KM USAT

daiL cil larnius, ci M. do Barante disait en riant : « Savez-vous pourquoi il joue si bien? C'est qu'il est doctrinaire et qu'il comprend. »

Il l'était, en eiïet, beaucoup devenu; et ses amis et lui étaient en grand travail chez madame la duchesse de Broglie pour trouver la définition du mot « doctrinaire ». Elle en avait trouvé plusieurs et qui étaient très jolies. Mais Charles de Rémusat en voulait une qui fût usuelle « et qu'on pût répandre dans l'occasion » , et il priait sa mère de Faider. Quoique heureuse des distractions élevées que trouvait son fils dans cette société, elle lui prêchait un peu le plaisir. Elle voulait, tant elle était équilibrée, que ce fils si mûr eût vingt ans; elle lui aurait volontiers dit : « Donnez-les-moi, si vous n'en faites rien. » Apprenait-elle qu'il était allé au bal, elle était joyeuse; elle avait même suivi avec une gravité touchante les premiers troubles de son cœur.

Cette longue et riche correspondance se termine le 14 novembre 1821! Elle plaît jusqu'à la dernière page dans laquelle le talent vigoureux de madame Guizot, comme moraliste, et la nature modeste et désintéressée, sévère et pure du duc de Broglie, sont caractérisés en

quelques mots. Mais l'assassinat du duc de Berry avait mis fin aux espérances des doctrinaires; M. Decazes était renversé. L'ordonnance du J5 décembre 1821 nommait M. de Yillèle ministre; et le lendemain, madame de Rémusat, qu'on avait conduite à Paris pour soigner sa santé, mourait en pleine possession d'elle-même. Quelques jours après, son mari était destitué.

C'est à M. Paul de Rémusat que nous devons la publication de ces lettres, précieuses à consulter quand on voudra connaître le haut monde politique des premières années de la Restauration. Yoilà treize volumes que sa piété filiale donne au public, pour lui faire mieux I apprécier cette grand'mère à l'esprit si ferme, si sage, si avisé, et ce père dont la vie entière a été consacrée au culte des idées libérales. Il s'est fait honneur par ce travail obstiné d'éditeur qui dure depuis douze ans et auquel il a consacré des soins assidus.

Ce n'est pas le moindre des titres de M. Paul de Rémusat à l'estime des lettrés et des hommes de goût, d'avoir ainsi augmenté le glorieux héritage littéraire de sa famille.

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