‹ Études de chant grégorienChapitre 12 sur 19 · DIXIÈME ÉTUDE · texte numérisé non relu

DIXIÈME ÉTUDE

Étnde des chants syllabiques

Les chants syllabiques ne sont guère que la déclamation du texte avec des inflexions plus pornoncées et plus mélodiques que dans le discours. Nous avons donc ici le rliythme oratoire au sens strict, puisque la note n’y a d’autre valeur que celle de la syllabe qu elle affecte. Au lieu de répéter ce qui tant de fois a été dit sur ce principe que contestent seuls quelques mensuralistes, je préfère en étudier l'application dans l’exécution de chants usités et bien connus. Notre thème d'étude sera le Credo dit des Anges, selon le texte de l’édition vaticane.

ÊT

De - um de De

- o, lù-men

de

lit -mi - ne

C u m P ai

Il ' ■ ■

Dè-um vé-rum

de D<i-o vé -

ro

— Qui prop-ter

nos hô - rni-nes et propter nos-tram sa-lû tem

des - cén - dit de coé - lis. Et ré - sur - ré - xit

C * m Tnr

tér - ti - a di - e se -c in-dam Scrip-lû - ras.

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Et ex -péc - to re - sur-rec-ti - ô-nem mor-tu - à - rum

A des commençants je ferais d'abord réciter le texte seul en veillant à l'accentuation et au bon phrasé, c’est-à-dire à la distinction convenable des membres de phrase. Cette bonne récitation obtenue, la mélodie s’ajoutera facilement aux paroles avec le rhythmc^meme du discours. Commencer par l'étude du texte seul, c’est concentrer l’attention des choristes sur ce qui commande dans le chant syllabique. Et, si l’on voulait graduer rigoureusement ses leçons, il faudrait peut-être commencer par l’étude de la psalmodie, qui se rapproche plus encore de la simple récitation. A la classe de chant le maître peut aider les élèves en leur faisant marquer l’accent. Les uns le frappent , les

autres Yenlèvent. J'ai expliqué pourquoi je préférais cette dernière pratique qui relève l’accent et lui conserve sa souplesse, au lieu de l’écraser. Mieux encore serait-il d’habituer les choristes à marquer eux-mêmes l’accent. J’ai dit : à la classe de chant; car à h exécution, le mieux est de laisser le chœur à lui-même, s’il est suffisamment exercé. S il ne l’est pas, on perd sa peine à gesticuler. On gagne à demeurer sobre de mouvements pour diriger un chœur. C’est pourquoi, bien que l’on exerce les choristes à lire ou à chanter ainsi :

Déum de Déo , lumen de lümine , Déum vérürn de Déo

véro, c’est-à-dire r arsis sur l’accent et tliesis sur la finale du mot, il vaut mieux ne marquer que les accents principaux. De plus tout en maintenant en rhythme libre (V. p. 42) l’accent au levé, je 11 e crois pas qu’il faille appliquer cette règle avec un rigorisme hors de saison. Dans le rhythme libre maintes combinaisons se présentent qui donnent lieu à des variantes, à des équivalences, etc., et permettent tout naturellement de frapper l’accent. Ainsi 11 e 111 e ferais-je pas scrupule démarquer : Déum vérum .

Il serait parfaitement inutile de nous arrêtera l’étude de ces exceptions et d’embrouiller le lecteur par des règles. Mieux vaut appeler l’attention des maîtres de chœur sur la bonne accentuation.

Qu’elle soit légère et naturelle. On évitera de pousser la syllabe qui en est affectée, de l’écraser en la faisant lourde ou longue au frappé, de l’attaquer en crescendo avec un port de voix insupportable. Cela ne peut être enseigné que de vive voix.

Mais il y a des syllabes qui précèdent l’accent : + —h

Salütem , resurrêxit ; il y a des mots qui ne sont pas accentués, tels que les prépositions, conjonctions, pronoms relatifs, etc. En pratique, on passe sur ces mots ou syllabes, sans rien précipiter, pour arriver à l'accent qui les attire à lui et doit fixer notre attention. Volontiers quand il n’y a qu’une

syllabe, comme dans : salütem, de Déo, je dis en classe que cette syllabe de passage est brève, et je marque : salütem ; tout en veillant à ce qu'on n’exagère rien dans l'exécution et en écartant l’idée de valeurs proportionnelles. C’est un innocent procédé pédagogique, et puis je me forme la conscience en pensant que les théoriciens du moyen Age en ont dit bien d’autres.

Et les distinctions des membres de phrases et le ralentissement des finales? Ces distinctions sont marquées déjà par la ponctuation du texte, souvent dans la notation par des barres partielles ou totales, que voulez-vous écrire là-dessus ? On perd son temps et l’on gâche du papier à disserter

sui-oes procédés qui relèvent de la lecture plus que du chant. Une leçon orale en apprendra plus que de longues pages, et l’exercice sous la conduite d un maître est le seul moyen de faire bien exécuter ceux qui ne peuvent se guider par des règles. Elles ont été déjà maintes fois expliquées et fort bien ; mon but n’est pas de les résumer pour faire un cours complet, mais d’étudier le bien-fondé et l’application des principes d exécution.

Donc : bonne accentuation, phrasé correct dans la lecture, et le rhythme des chants syllabiques

ressort naturellement : c’est une résultante.Cet

exposé nous parait avoir un complément fort utile dans l’examen du K y riale publié par Solesmes avec des signes rhythmiques. Nous ne parlons ici que des chants syllabiques, et prendrons pour exemple les mêmes phrases que nous avons transcrites précédemment. Voici comment elles sont notées clans l’édition susdite.

fc -i • i..

D - um de De - o, lu - men de lü - mi - ne

Deum ve •rum de De-o ve - ro. Qui propter nos

ho- mi nés

et propler

nostram sain - tem

1 mm m m ® m m

des - céndit de cæ - lis Et re - surré • xit ièr

ti - a di - e

secun - dum Scrip - tu - ras .

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