J J J OU J J J
Voilà donc un signe étranger à la notation (au moins quant à son emploi) pour lui faire signifier le contraire de ce qu’elle représente par ellemême. C’est irrationnel. Il est sans doute plusieurs moyens de parer à cet inconvénient, mais ils en laissent subsister d'autres plus grands encore et même les aggravent; aussi n'en parlerai-je pas. Autre chose. On a noté par une noire (la croche représentant une note simple) toutes les prolongations et ralentissements, que la note soit au levé ou au frappé. C’est la traduction matérielle des deux points dont j'ai plusieurs fois parlé.
i ji j j m Mais si l'accent est au levé,
nô — bis pa - ccm
comme l’admet le R. P. Mocquereau, il ne faut
pas mettre ici une noire, mais une simple croche avec un signe d’amplification du temps levé. Les deux noires font ici l’effet de deux frappés et changent le rhythme.
Par le fait memç qu'elle use de signes à durée proportionnelle, elle roidit le rhythme au point qu’on dirait des mélodies empaillées, parfois même elle altère le rhythme en l’équarrissant. Ainsi
sera : '
traduit ^
ce qui sonne tout différemment. Je sais que l'édition guidonienne de Solesmes subdivise sur le fa; mais c’est encore une erreur venant de la préoccupation exagérée des divisions binaires. 11 me semble que la traduction suivante est tout aussi conforme aux manuscrits et plus élégante :
La double note ici n’est qu’un accent long.
Dans certains endroits la subdivision prend aux yeux du lecteur l’importance d’une division par suite de la manière de noter.
Exemple:
est traduit
Le dernier groupe semble former évidemment une division ou un autre neume, si Ton ne se guide que par la notation musicale.
Tous ces défauts sont-ils sans remède? Non; mais de quelque manière qu’on se retourne, on ne peut éviter de fixer avec une précision absolue la valeur rhythmique de chaque note. Plus encore que dans la notation traditionnelle complétée avec les signes, le rhythme est ici fixé, j’allais dire figé, par les valeurs de durée proportionnelle, par le groupement net en divisions binaires ou ternaires, par la valeur thétique de la première note de chaque groupe et de chaque longue mise en relief uniformément.
Si je publie quelque jour les essais d'accompagnement ou plutôt d'instrumentation de mélodies grégoriennes que je travaille de temps en temps, je serai bien obligé d’y écrire le chant en notation musicale. On y constatera que certains perfectionnements n’empêchent pas les derniers inconvénients que je signale. Ils sont peut-être, pour ceux qui veulent la précision du rhytlnne absolu, une raison d'aimer les transcriptions musicales ; j’oserai dire qu’elles me font horreur, boni Mocquereau a dit le mot juste : elles sont révolutionnaires. — Alors pourquoi les favoriser?