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B — — le - i - son
(1) V. à sur Miserere .
(2) Nous citons la notation musicale quand elle dit plus nettement le rhythme.
Je ne discute pas la valeur de ces variantes, je constate seulement leur existence et j’en tire les conclusions suivantes.
Ces changements ruinent l’autorité des éditions rhythmiques et du système dont elles sont l’application. Quel crédit, en effet, faut-il accorder à un enseignement qui change après deux ou trois ans (1)? Quand s’arrêtera-t-on? J’entends bien la réponse toute prête : « On change parce qu’on suit le progrès des études et que I on trouve mieux. Cela prouve qu’on ne se cantonne pas de parti-pris dans un premier résultat acquis. » Très bien; mais finissez d’abord vos études et après vous enseignerez. Pourquoi quand on n’est pas encore sorti des tâtonnements, poser dans une édition des résultats qui ne sont pas définitifs ? Pourquoi dans les écrits et les conférences affirmer dogmatiquement comme des principes des opinions plus ou moins probables, une théorie encore en voie d’élucubration ? Les opinions successives peuvent assurément être fort légitimes, mais elles commandent la réserve à qui les adopte.
On comprend très bien les théories, les discussions, les variations dans un ouvrage technique.
(1) Le paroissien de 1896, quoique sans points, donne fréquemment un texte rhythmé tout autrement que celui de 1904 et du Manuel de 1902, si Ton chante d’après la uotation.
Elles y sont à leur place; tandis que vouloir régenter universellement et quasi officiellement l'exécution du chant liturgique par un système rhythmique aussi instable, c’est une prétention énorme et dangereuse : énorme, car elle sort des règles de la prudence; dangereuse, car elle ruine l'autorité de la restauration grégorienne. On devient plus sceptique sur l'interprétation du chant grégorien. Quelle leçon prendre? Celle de 1896, de 1903, de 1905? La plus récente sera, sans doute, la meilleure; et pour peu que ces changements se renouvellent, on aura donc la dernière de Solesmes, la haute nouveauté rhythmique, l'édition dernier cri. Cette perspective sans doute réjouira les éditeurs, mais qu'elle déroutera ceux qui travaillent et qui pour la pratique ont besoin de solutions acquises! Ils ont accepté de bonne foi la première édition, et maintenant, disent-ils, ils ne savent plus que faire.
Une seconde conséquence de ces variations c’est qu’elles nous désillusionnent des avantages pratiques qu’on attribue aux éditions rhythmiqués. On nous dit : « Elles mettront un terme aux incertitudes dans l'interprétation rhythmique, elles assurent le parfait ensemble dans les chœurs. Eh ! Medice, cura teipsum ! Avant de mettre tout le monde d’accord, que ces éditions s’accordent avec elles-mêmes. Ceci n'est plus l'annnonce de
ce qui doit arriver, c’est la mention d un tait qui se produit déjà. Les maîtres de chapelle sont fort ennuyés de trouver leurs choristes munis d éditions différentes en désaccord fréquent pour le phrasé et le rhythme. D’autre part, plus d un trouvera coûteux de mettre au rebut des 'volumes récemment achetés, pour donner à tous la même édition. Il est vrai qu’il reste encore le fameux expédient de dire à ses choristes : « Ne tenez aucun compte des signes rhythmiques. »
Mais alors que deviennent leur utilité, leur nécessité même tant prônée? L’est donc le désarroi au lieu de l’uniformité, et d’autant plus grand que les variantes des éditions rhythmées sont parfois plus graves et plus nombreuses que celles qui se produisent sans elles.
Je clorai cette étude par une observation qui sera venue sans doute à l’esprit du lecteur. J ai parlé du désaccord des éditions de Solesmes entre elles. Mais d'autres éditions rhythmiques peuvent paraître. La compétence en chant grégorien ne peut être monopolisée parl’école dite de Solesmes. Alors, c’est le désaccord qui grandit? Assurément, mais qu’v faire? llien autre chose que de supprimer toute édition rhythmique. C’est le désir du Saint-Siège et il est pratique, parce qu’il est favorable à l’unité ; tandis que les éditions d’écoles et les systèmes subjectifs divisent et mènent à la
confusion. Dans 50 ans on pourra chanter encore avec le texte pur que chacun interprétera de son mieux selon les règles actuelles, de même que I on pourra toujours jouer Bach avec l’édition de la « Société de Bach « ; tandis que l’on changera souvent et finalement on abandonnera les éditions commentées par tel ou tel, comme on abandonne l’édition du Clavecin bien tempéré , annotée et nuancée par Czerny.