‹ Études de chant grégorienChapitre 7 sur 19 · CINQUIÈME ÉTUDE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ÉTUDE

I,e rhythme. — Ses éléments constitutifs. — Sc*s différentes «espèces. — lÈattement du rhythme.

Que le lecteur se rassure! Je n’ai nulle envie de l’ennuyer en lui ressassant ce cju on a dit cent fois sur le rhythme sans que jamais écrivains et lecteurs soient pleinement satisfaits. En cette matière on n’est pas encore parvenu à imposer une terminologie claire et des idées suffisamment nettes et complètes. Mais puisque j examine une théorie du rhythme et les principes d’exécution qui en découlent, il y a donc obligation d’exposer ces principes et de dire en quoi consiste cette théorie.

in rhythme est un mouvement et, comme tout mouvement, il a son point de départ, son parcours et son terme. Ce mouvement donne une forme à la succession des syllabes ou des sons, en

les coordonnant dans l’unité pour former les mots ou les neumes. Dans un mot le mouvement ou rhythme commence avec l’accent et finit avec la dernière syllabe (1). Dans les groupes de sons, l'élan du mouvement porte en général sur la note initiale pour se terminer avec la finale.

Un rhythme s’unit à un ou plusieurs autres pour former des membres de phrases et ces derniers à leur tour, pour former des phrases. De la sorte, la succession des sons a différentes divisions, et, si elles sont bien proportionnées, il en résulte le rhythme.

Un rhythme est donc comme l’élément premier, la cellule organique de la phrase rhythmique.

Il faut observer aussi qu’un rhythme est un mouvement continu. S’il s’arrête en son parcours, l’unité du mot ou du neume est brisé.

Le rhythme est mesuré quand ses temps ont une durée isochrone et une périodicité régulière. 11 est libre quand il est affranchi de ces lois.

On marque d’ordinaire le rhythme par deux gestes correspondant aux deux parties du mouvement qui le composent : la levée de la main ou du pied semble indiquer naturellement le point de départ ou l’élan du rhythme, et l’abaissé in-

(1) Si le rnot a une ou (Lux syllabes avant l'accent on les nomme anacrouses. Exemple : Regina cælôrum.

clique la chute du mouvement, l’arrivée au terme. On nommait le levé : ursis , et 1 abaissé ihésis.

Nous parlons ici entre nous et pour nous, qui présentement causons de rhythme pur. H ne faut pas embrouiller la question en essayant de savoir ce que faisaient les anciens, quel sens ils attachaient à l’arsis et à la thésis, etc., etc. Quand on veut en cette question remonter à 1 antiquité classique, on oublie qu’on met le pied sur le terrain du rhythme mesuré. La rhythmique ancienne s’alliait avec la métrique et nous sommes dans un ordre de faits tout différent et très propre à embrouiller nos idées, si on ne fait pas cette distinction. Pour eux les mots arsis et thésis n’avaient la signification si précise et si exclusive que nous leur avons donnée en traduisant par Irvé et frappé. Laissons donc les anciens et leur métrique et disons seulement que arsis et thésis, ou le levé et l'abaissé conviennent à l'élan et à la chute du mouvement rhythmique considéré en luimême, in abslracto, et indépendamment des combinaisons où il peut entrer avec la mesure.

Si le lecteur juge assez claires ces quelques notions sur le rhythme, j’aurai atteint mon but sans le fatiguer: et je pourrai dire comme saint Grégoire : « Sub brevitate (doctrinam) travscurrimus, quatenus ejus exposilio ita nescientibus fiat cognita, nt tamen scientibus non sit onerosa. »

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