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convalescence, dans une dépression accompagnée de délire, qui eut bientôt toutes les allures de la démence sénile. Le renvoi de ce malade, dont l’état était devenu inquiétant, dans son pays, mit fin assez vite au trouble intellectuel survenu sans autre cause que le choc traumatique.
XII. — Le dernier cas que j’aie à mentionner est encore plus récent. 11 s’agit d’une femme de trente ans, atteinte d’hyperostose diffuse des os de la face, à qui j’ai fait en juin 1890, à l’hôpital Beaujon, la résection presque totale du maxillaire inférieur. L’opération avait été très simple et la perte de sang peu importante. Pour isoler la cavité buccale de la plaie, j'avais suturé la muqueuse du plancher de la bouche à celle de la joue. La plaie avait été tamponnée avec de la gaze iodoformée. Malgré un-e apyrexie absolue, et quoiqu’il ne se fût produit aucune complication importante due à de la septicémie, celte malade fut prise d’un délire calme à forme lypémaniaque ; elle refusa les aliments et les boissons et s’abandonna, sans cherchera réagir, à un profond découragement. Des idées délirantes s’ajoutèrent rapidement à la dépression qui s’accentuait chaque jour. Au neuvième jour, je la lis nourrir avec la sonde œsophagienne, mais l’affaiblissement était déjà trop grand. Elle mourut, contre toute prévision, après onze jours révolus.
Les douze cas que je viens de rapporter comprennent sept cas de délire agité, violent, cinq cas de délire calme. Groupés au point de vue de la nature et du siège des opérations ou des traumatismes, ils se répartissent de la manière suivante :
Opérations ou traumatismes portant sur :
le squelette 6 cas.
l’appareil digestif 1 —
l’appareil urinaire t —
l’appareil génital (hommes) 1 —
l’appareil génital (femmes) 3 —
Total 12 cas.
A propos des cas relatifs aux opérations sur l’appareil génital
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d î la femme, je vous rappellerai l’opinion des quelques auteurs d’après lesquels ces opérations entreraient souvent en cause dans la détermination des délires traumatiques. Pour ne pouvoir être acceptée, d’une façon trop exclusive, cette opinion n’en est pas moins fondée dans une certaine mesure ; car si ma statistique ne relate que trois cas de délire chez des femmes ayant subi une intervention du côté de leur appareil génital, sur un ensemble de douze cas, ce qui représente une proportion d’un quart, il est certain que les opérations de cette catégorie ne figurent pas dans des proportions équivalentes, parmi les opérations quelconques que j’ai pratiqueés.
Je vous dois maintenant de vous faire connaître les principaux documents publiés par les autres chirurgiens. Je vous ai dit que le délire nerveux de Dupuytren, après être devenu classique, avait été confondu de nouveau avec le délire alcoolique. M. Verneuil, qui s’était rallié un moment à l’interprétation de Broca, s’est convaincu peu à peu de l’existence de certains délires indépendants de l’alcoolisme.
Billioth signale, dans sa pathologie générale chirurgicale, deux cas de délire maniaque observés à la suite de deux rhino-
plasties. Je passe les travaux sans importance pour ne vous citer que les plus saillants. Tels sont : un bon travail publié à New- York par Edward III, où se trouvent réunis dix cas dont sept ont été empruntés à un mémoire de Graube; six observations de Shepherd; six observations de Gaillard Thomas, suivis de commentaires intéressants. Dans un travail tout récent, Rafaelo Gucci rapporte quatre autres faits. Deux cliniques du professeur Mairet, de Montpellier, sont à signaler comme présentant une étude d’ensemble de la question. Ajoutez à cette liste une revue critique de Dufournier, parue dans les Archives générales
En additionnant mes douze cas personnels avec tous ceux qui sont relatés dans les travaux précédents, j’arrive à un total de soixante-huit, beaucoup d’entre eux, il est vrai, simplement lonnés, n ont pas la valeur d’observations prises avec soin suffisamment détaillées; mais n’est-il pas remarquable qu’en
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si peu d’années (puisque c’est seulement depuis 188o que la question est étudiée sérieusement), il s’en soit produit un aussi grand nombre. Presque tous les chirurgiens que j’ai interrogés à cet égard, m’en ont cité. Je suppose que cette multiplication •récente tient à la multiplication des opérations elles-mêmes, devenues depuis une vingtaine d’années beaucoup plus nombreuses et plus importantes. Dans le nombre, il y en a beaucoup plus qu’autrefois qui soient susceptibles de provoquer les diverses manifestations du choc traumatique.
J’ai réparti ces soixante-huit cas par catégories, selon le siège et la nature des opérations :