DANS LES CANCERS ÉPITHÉLIAUX
par ©xemple, nous voyons que J orientation cellulaire n a suln aucune modification. La couche génératrice prolifère normalement, le plan de division des cellules, lui, demeure toujours parallèle et si l’épaisseur des couches cellulaires en voie de division augmente en nombre, le résultat final n aboutit qu à une production plus considérable d’éléments dégénérés repoussés à la périphérie.
Il n’en est plus de même dès que nous envisageons la division cellulaire dans les tumeurs épithéliales proprement dites, dans les épithéliomes dérivés d’un épithélium pavimenteux (peau) ou d’un épithélium cylindrique (glandes). Le premier coup d’œil nous montre que la cytodiérèse s’effectue : 1° dans toute l’épaisseur de l’épithélium; 2° dans toutes les directions. En d’autres termes, la cytodiérèse est désorientée. Et le fait seul de cette désorientation nous permet d’expliquer mécaniquement l’accroissement anormal, l’ulcération, les dégénérescences cellulaires de ces tumeurs.
Le sort de toute cellule épithéliale étant de subir à un moment donné une dégénérescence physiologique et ce phénomène ne se trouvant plus, par l’agencement chronologique des éléments, rejeté à la périphérie, il s’effectue dans le sein même des tissus d’une façon irrégulière et entraîne, en même temps que l’augmentation de volume de la tumeur, sa constitution anormale. D’autre part, les parties les plus externes ne se trouvant plus protégées par une surface normalement dégénérée et étant constituées par des éléments jeunes, ne tardent pas à s’ulcérer.
Plus la cytodiérèse présente de désorientation, et plus l’on constate de lésions cellulaires profondes. Souvent, par exemple, dans certains épithéliomes de la peau, l’on voit non plus une désorientation complète, mais comme une indication de groupement autour de points centraux, soit isolés, soit confluents. Les éléments repoussés vers ces points y subissent la dégénérescence coi née et 1 on assiste à la production de ces vastes masses feuilletées que la simple pression fait sourdre à la coupe sous forme d une pâte blanche vermiculée.
8fi DÉSORIENTATION DE LA CYTOD1ÉRÈSE
D’autres fois, au contraire, la dégénérescence cellulaire s’effectue sans ordre, cellule à cellule, et se présente sur les coupes, soit en larges surfaces cornées semées de noyaux en dégénérescence, soit même en globes de kératine rappelant à s’y méprendre les dégénérescences de même ordre que l’on trouve dans l’acné varioliforme. Cette forme en globe peut être considérée comme le type de l’infection pseudo-coccidicnne.
La rétention au sein de la tumeur et l’absorption par l’organisme de la masse énorme des principes de dégénérescence continuellement accumulés sans élimination, ne suffiraient-elles
pas à expliquer la cachexie cancéreuse? Cet empoisonnement général causé par une masse de tissu bien localisée et peu con sidérable, quant au poids total du corps, est une des principales raisons qui, dans ces dernières années, ont fait pencher la balance en faveur de l’hypothèse que seuls des microorganismes pouvaient sécréter une substance active capable de causer des troubles généraux aussi graves.
J’ajouterai, enfin, que le rôle de l’orientation du plan de division cellulaire a déjà été signalé en embryologie par Henneguy (Congrès de la Rochelle, 1882. Soc. de Biologie, 1882, p. 538), qui a expliqué de la sorte les modifications de courbure des feuillets.
Ces observations n’ont d’autre prétention que de porter quelques faits à l’actif de la cytologie des tumeurs. Peut-être pourraient-elles être plus tard de quelque utilité clinique, en donnant le moyen de distinguer certaines tumeurs en apparence très voisines histologiquement :