‹ Études de clinique chirurgicaleChapitre 27 sur 99 · DANS LES CANCERS ÉPITHÉLIAUX · texte numérisé non relu

DANS LES CANCERS ÉPITHÉLIAUX

Pour conclure :

1° La cytodièrèse s’effectue dans les tumeurs épithélial es soit par division directe , soit par karyokinese , et son processus ne diffère pas sensiblement du type commun à toutes les cellules. Von y observe dans la division indirecte les éléments chromatiques , les filaments achromatiques et les corpuscules polaires avec leurs centrosomes.

2U Tandis que dans les revêtements épithéliaux normaux T orientation de la cystodiérèse demeure constante , le plan de division cellulaire étant généralement parallèle à la couche génératrice , dans les tumeurs épithéliales malignes , au contraire , T orientation de la cytodièrèse est toujours plus ou moins profondément modifiée.

3° La désorientation de la cytodièrèse donne le mécanisme de T accroissement des tumeurs épithéliales , de leur ulcération et enfin de leurs altérations cellulaires .

(Leçon recueillie par M. le Dr Lyot, chef de clinique.)

Parmi les affections intéressantes que vous pouvez étudier dans nos salles, j’ai choisi une tumeur de la cuisse sur laquelle je compte insister en raison des difficultés qu’elle présente sous le double point de vue du diagnostic et des indications thérapeutiques. Il s’agit du n° 21 de la salle Lenoir, femme âgée de quarante-deux ans et dont l’histoire pathologique se résume dans ceci : Apparition, il y a trois mois, d’une petite tumeur à la partie interne et postérieure de la cuisse gauche, précédée de quelques douleurs sans localisation bien précise; augmentation graduelle de cette tumeur qui nécessita bientôt le repos au lit, et, tout récemment, l’admission de la malade à l’hôpital.

Je n’ai rien autre chose à ajouter sur ses antécédents. Sa santé personnelle était antérieurement excellente sous tous les rapports, et il n’y a rien à relever dans ses antécédents héréditaires. Par conséquent, toute notre attention aura à se concentrer sur la tumeur, sur ses caractères physiques, seuls éléments qui pourront nous fournir des indications diagnostiques et thérapeutiques. Je vais donc vous la décrire avec soin, parce que, dans le cas actuel, l’étude du processus pathologique acquiert la plus grande importance. 11 y a des cas où la considération des commémoratifs et des antécédents permet de por-

ter un diagnostic presque certain, mais il en est d’autres, comme celui-ci, où il est nécessaire, pour s'éclairer, de serrer de près tous les caractères objectifs de la lésion.

Lorsque vous découvrez notre malade, vous trouvez la cuisse dans l’abduction, et le genou flécbi, pour mettre à l’aise en quelque sorte une énorme tumeur qui occupe la racine de la cuisse dans ses deux tiers internes, et lui donne la forme dite « en gigot ». Elle envahit non seulement la partie interne, mais aussi la partie postérieure de la cuisse, de sorte qu’il n’y a guère en réalité que la région externe qui ait conservé ses caractères normaux. Je vous donnerai une idée de son volume, en vous disant qu’à son niveau la circonférence de la cuisse mesure 64 centimètres, tandis que du côté opposé, elle en mesure 40. Dans le sens vertical, elle s'arrête en haut aux plis génito-crural et inguinal; en bas, elle s’effile en fuseau à mesure qu’on approche du genou et cesse à quatre travers de doigt environ au-dessus de l’articulation.

Je vous ai fait remarquer que la peau présentait une coloration particulière, une teinte brune mêlée de rouge et de violet, a\ec quelques arborisations vasculaires. Le doigt y laisse son empreinte ; il y a donc de l’œdème manifeste. Quant à la consistance, c est là que vous trouverez les caractères les plus remarquables. Prise entre les deux mains, la tumeur paraît dure, teime, d une seule masse, et on peut lui imprimer des déplacements, bien que très probablement elle soit adhérente à la face postéro-interne du fémur. Que si, au contraire, on exerce sur elle des pressions avec la main à plat, ou avec deux doigts de chaque main, comme pour chercher la fluctuation, on constate que, malgré sa tension extrême, elle est franchement fluctuante, et menu cette fluctuation se transmet depuis le voisinage du pli del ame jusqu’à la partie inférieure de la cuisse. Voilà un caractère qui, dûment constaté, implique l'existence d'une poche iquide ; mais si vous n’employez pas le moyen que je vous ai

f^U< ’ V0lls vous contentez de palper la tumeur dans ses différents points, il vous échappera.

Quel diagnostic devions-nous porter ici? Evidemment la

SARCOMES HÉMATIQUES

fluctuation portait à conclure dans le sens d’une tumeur liquide; mais, d’un autre côté, la consistance ferme de la tumeur, surtout à sa périphérie, pouvait imposer des réserves relativement à une tumeur solide, ou, du moins, en partie solide. La seule hypothèse à discuter dans ce sens était celle d’un sarcome. Vous savez que, parmi ces néoplasmes il en est d’assez fermes; d’autres sont mous et môme fluctuants. J’ai déjà eu l’occasion de vous dire que la fermeté appartient aux formes fuso-cellulaires, dites fibro- plastiques; les tumeurs à éléments nucléaires, dites sarcomes médullaires ou embryonnaires, offrent une mollesse qui peut aller jusqu’à la fluctuation. Mais quand il s’agit d’une tumeur aussi volumineuse que celle-ci, il me paraît impossible qu’elle réalise une fluctuation offrant la netteté de celle que nous constatons, si elle n’est pas partiellement liquide.

11 fallait donc examiner l’hypothèse d’une tumeur franchement liquide, et on pouvait songer à trois variétés : un kyste simple, un kyste hydatique ou un abcès. Je n’ai pas cru à un kyste simple , pour cette raison que les kystes conservent ordinairement une forme globuleuse ou ovoïde et n'offrent pas de prolongement effilé comme celui qui descend le long de la partie interne de la cuisse, chez notre malade. Le kyste hydatique est souvent plus irrégulier que le kyste séreux, et on peut en trouver partout, même dans les masses musculaires. Il fallait donc y songer, mais, ordinairement, leur évolution est lente et leur durée se compte par un grand nombre de mois ou môme d’années; or, ici le développement de la tumeur s’est fait à peine en trois mois, et cette raison seule m’a lait éliminer le kyste hydatique.

Restaient les abcès; on peut rencontrer des abcès lymphangitiques, des abcès ossilluents ou des abcès froids des parties molles. Les abcès lymphangitiques sont aigus ou subaigus, — je mets à part les abcès lymphangitiques tuberculeux, qui rentrent dans les abcès froids, — il y a un certain degré de fièvre, un mauvais état général et des phénomènes inflammatoires locaux très francs que notre malade n’a jamais présentés ; d’autre part, sa tumeur n’est pas sur le trajet des gros troncs

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