ET DE SON TRAITEMENT
se montrer à la racine du nez, à 1 angle interne ou externe de l’œil. Quelquefois môme elle peut occuper la cavité nasopharyngienne, les fosses nasales, le fond de l’orbite, avant d’apparaître à l’extérieur, et le diagnostic devient dans ces cas d’une grande difficulté. Ajoutez à cela qu au lieu d êtie sphérique, pédiculée et fluctuante, comme la méningocèle, l’encéphalocèle est souvent irrégulière, sessile, et de consistance plus ou moins pâteuse. Dans quelques cas cependant, elle pré-
Fig. 2. — Méningo-encéphalocèle.
sente deux signes d’une bien grande importance, ce sont les battements et les mouvements d'expansion.
La partie de l’encéphale contenue dans ces tumeurs est très variable. Ordinairement, c’est une des cornes du cerveau avec son prolongement ventriculaire, et lorsque ce dernier est dilaté par du liquide, on dit qu’il y a hydrencéphalocèle. On trouve souvent le cervelet dans les méningocèles occipitales. Il faut savoir aussi que, dans quelques cas, on ne trouve plus l’encéphale aven ses caractères normaux. Il est complètement transformé, envahi par des productions kystiques; les éléments delà substance blanche, de la substance grise et meme du cervelet y sont confondus pôle-môle en quelque sorte. Aussi dans son travail de la Revue de chirurgie , M. Berger n’hésite-t-il pas à con-
Lb Dentü. — Leçons. o
Il* DE LA MÉNINGO-ENCÉPHALOCÈLE
sidérer cette malformation cérébrale comme primitive, et l’arrêt de développement du crâne comme secondaire.
Quoi qu’il en soit, vous verrez peu de ces tumeurs rester stationnaires dans leur développement. On a vu cependant certaines encéphalocèles permettre au sujet de vivre jusqu’à l’âge de vingt ou vingt-cinq ans. Beaucoup de méningo-encéphalocèles recouvertes d’une peau mince se sphacèlent à la surface dès la naissance et entraînent la mort en deux ou trois jours. Le plus grand nombre s’accroissent progressivement, jusqu’au jour où la peau s’excorie; la tumeur s’enflamme, et la méningite née dans sa cavité se propage promptement à la cavité crânienne.
On peut donc considérer comme voués à une mort fatale les enfants qui sont dans les conditions de celui-ci, avec une volumineuse tumeur en voie d’accroissement. Aussi, toutes les tentatives sont autorisées si on peut fonder sur elles quelques chances de succès.
On a tout essayé dans les cas de ce genre. La compression n’a jamais pu faire mieux qu’entraver le développement de très petites méningocèles. La ponction simple ou suivie d'injections irritantes, n’a donné que des insuccès. Un fait d’électrolyse dû à Harley a été suivi de guérison.
L’extirpation totale des méningocèles a déjà été tentée depuis longtemps, mais les résultats étaient tellement désastreux que Velpeau, lorsqu’il voulut, à l’Académie de médecine, en 1844, préconiser cette opération, souleva une vive opposition de la part de Blandin et de tous ses collègues. Depuis l'ère antiseptique, les tentatives ont pu être renouvelées avec moins d’insuccès. Larger a réuni, en 1877, une statistique de 17 cas, avec 8 morts, 6 guérisons et 3 résultats inconnus. Depuis lors, 6 cas de guérison et S cas de mort ont été publiés. Les procédés d'exérèse employés ont été la ligature élastique, l’excision après application préalable d’un clamp. Récemment, Périer et Berger ont obtenu tous deux un succès par le procédé suivant : dans un premier temps, dissection sur la tumeur de deux lambeaux cutanés que l’on détache jusqu’au pédicule. Dans un second temps,