DE LA CONST DICTION CICATRICIELLE DES MACHOIRES
pecter en avant l’artère et la veine faciales; puis, à l’aide de la rugine, je dénuderai aussi haut que possible la face externe de la branche montante, ] en ferai autant, s il est necessaiie, sui la face interne, et si je ne parviens pas ainsi à libérer le maxillaire, je ferai au voisinage de l’angle une petite résection, ce qui me conduira ainsi à pratiquer le procédé d Esmarch.
La malade étant chloroformée, et l’impossibilité de vaincre mécaniquement la conslriction ayant été constatée, le plan opératoire indiqué plus haut fut mis à exécution : à mesure que la désinsertion du masséter se complétait, la pression de l’écarteur des mâchoires augmentait l’abaissement du maxillaire; je constatai cependant que des adhérences de la muqueuse buccale avec le bord antérieur de la branche montante s’opposaient à l’écartement. Alors, au moyen d'une rugine très courbe, je détachai ces adhérences en contournant de très près le rebord osseux, et je libérai ainsi entièrement la muqueuse. Un léger effort suffit pour écarter les arcades dentaires de plus de 3 centimètres. Je complétai l’opération en désinsérant le ptérygoïdien interne jusqu’à 2 centimètres environ au-dessus de l’angle de la mâchoire. Un petit drain fut placé dans la partie inférieure de la plaie, et le reste pansé à plat sans suture, afin de ne pas attirer de nouveau en bas, avec les téguments, l’extrémité inférieure du masséter qui leur adhérait.
Pour maintenir l’écartement, le bâillon unilatéral de Mathieu fut placé entre les molaires du côté sain et laissé en place jusqu’au huitième jour. A ce moment, la plaie opératoire était réunie dans ses parties profondes, et le bâillon fut remplacé par un coin de bois que la malade enlevait à volonté pour boire et pour manger. Il fallait maintenir le résultat acquis, lorsque la malade quitta l’hôpital, le vingtième jour après l’opération, je lui recommandai de s’introduire pendant très longtemps et à plusieurs reprises chaque jour le coin de bois dont elle s’était servi avec profit pendant la cicatrisation de la plaie.
La malade a été revue six mois après, elle conservait un écartement de 2 centimètres 1/2 et une mastication parfaite.
SUR UN ÉPITHÉLIOMA KYSTIQUE DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR. — PRONOSTIC GÉNÉRAL DES RÉSECTIONS DES MACHOIRES
(Leçon rédigée par M. Lyot, chef de clinique.)
Je vais tout à l’heure pratiquer une résection du maxillaire inférieur sur une femme âgée de cinquante et un ans. Cette malade est forte et robuste et on ne relève dans ses antécédents aucune tare constitutionnelle. Son affection a débuté il y a environ quatre ans et le premier accident qui ait attiré son attention est une piqûre qu’elle s’est faite à la gencive avec une arête de poisson. J’ai lieu de croire qu’à cette époque déjà son maxillaire n’était pas tout à fait normal, car elle nous raconte que deux médecins crurent devoir faire une incision sur une tumeur qu’ils avaient constatée et qu’il n’en sortit que du sang. C’est surtout depuis six mois que le gonflement a considérablement augmenté. Je liens à vous faire remarquer l’apparition de celte tumeur à l’âge de la ménopause ; il paraît même que depuis la disparition des règles la tumeur s’excoriait facilement et donnait lieu à un écoulement sanguin, comme s’il s’était produit là des hémorragies supplémentaires. C’est là une simple hypothèse, mais je profite de cetle occasion pour vous rappeler la possibilité de ces hémorragies au niveau des tumeurs
Actuellement, tout le corps du maxillaire inférieur dans sa moitié gauche est le siège d’une tumeur volumineuse qui n’a