SUR DEUX CAS DE VAGINALITE PLASTIQUE
( Extrait de la Gazette des hôpitaux, du 2 juillet 1891.)
Je viens d’examiner devant vous deux malades atteints tous deux d’épanchements dans la tunique vaginale avec épaississement des parois. Cette affection a reçu, vous le savez, le nom d’hématocèle de la vaginale. La dénomination de vaginalite plastique ou exsudative est préférable. Assez souvent, en effet, l’épaississement de la tunique vaginale, qui constitue l’élément essentiel de la maladie, existe sans que l’épanchement soit hémorragique.
Le premier de ces malades est âgé de cinquante-cinq ans. Voici deux ans et demi que son scrotum a commencé à grossir. L accroissement, assez rapide pendant un an et demi, est devenu beaucoup plus lent dans ces derniers mois. L’indolence est complète. A la palpation, on constate une tuméfaction si dure et si résistante qu’elle donne d’abord l’idée d’une tumeur solide. Ce n’est que par un examen minutieux qu’on arrive à constater une rénitence, une fluctuation profonde. Cette double sensation de dureté et de rénitence est caractéristique de l’hémalocèle. L’opacité est, cela va sans dire, absolue.
Le second malade, âgé de cinquante-huit ans, offre une histoire clinique assez singulière. Le gonflement du scrotum îemonte à un an. Il y a un mois, ce malade éprouva tout à coup d’assez vives souffrances. En l’examinant à son entrée, je cons-