‹ Études de clinique chirurgicaleChapitre 71 sur 99 · MOIS PLUS TARD · texte numérisé non relu

MOIS PLUS TARD

Étienne Ri..., âgé de 65 ans, entré le 18 février 1891, salle Malgaigne, n° 29. Début il y a 10 ans par une petite tumeur située d’abord à la partie antérieure de la région parotidienne gauche. Développement très lent jusqu’à ces deux dernières années.

Depuis deux mois, paralysie faciale complète et totale. La tumeur est du volume d’une grosse noix, peu mobile, adhérente à la peau, légèrement bosselée. Elle paraît occuper surtout le plan superficiel de la glande. Pas d’adénopathie.

La tumeur fut enlevée très largement en même temps que la plus grande partie de la glande. Elle n’était pas encapsulée. Réunion immédiate.

Sept mois plus tard, la récidive se montrait sous forme d’une petite plaque d’induration diffuse immédiatement au-dessous de l’oreille et adhérente à l’apophyse mastoïde.

Fig. 13. — Carcinome de la glande parotide accessoire.

de[la joue, de l’os malaire et du sinus maxillaire. Elle s’arrête en avant au? sillon naso-génien et en arrière sur la branche montante du maxillaire inférieur, sans envahir la région parotidienne qui a gardé toute sa souplesse. Peau amincie, sans adhérences, consistance ferme, surface bosselée, indolence. Légère mobilité sur les plans profonds. Les os paraissent intacts. Ganglion préauriculaire du volume d’une amande. Pas de troubles fonctionnels.

TUMEURS

15 — Carcinome développé dans la glande parotide accessoire.

Valentin Pa..., entré le 8 juin 1891, salle Malgaigne, n° 39. Le malade porte à la face du côté gauche une tumeur irrégulièrement hémisphérique, du volume d’une grosse orange occupant la région

“32" RECUEIL DE FAITS CLINIQUES

La tumeur est extirpée à l’aide d’une incision curviligne à concavité supérieure. La partie antérieure de la tumeur contourne le bord antérieur du masséter et adhère à la muqueuse buccale au niveau de l'embouchure du canal de Sténon.

La portion adhérente de muqueuse est enlevée en même temps que la tumeur, et la perte de substance fermée par un surjet au catgut; sutures cutanées au crin de Florence. Réunion primitive sans fistule salivaire.

L examen histologique de cette tumeur a montré qu'il s’agissait

Fig. 14. — Carcinome de la parotide accessoire.

Coupe d’une des alvéoles.

t, Travées conjonctives séparant les alvéoles. — ?i, Noyaux des cellules conjonctives. — c, Cellules du carcinome. — M, Masse stratifiée, composée en partie de matière amyloïde. — m, Masses irrégulières de même nature.

d’un carcinome, dont l’étude nous a permis de noter quelques particularités intéressantes.

Sur des coupes, observées même à un faible grossissement, on constate la structure alvéolaire caractéristique, mais on est immédiatement frappé par l’aspect singulier que donne au tissu la présence dans les alvéoles, au milieu des cellules, de corps généralement arrondis (fig. 14, M) à contour net, formés de couches concentriques. Ces corps, traités par l’eau iodée, prennent, quelquefois en totalité, mais le plus souvent seulement par places, une coloration d’un rouge brunâtre tout à fait comparable à celle que prend dans ces conditions la matière amyloïde. L’action des acides fait disparaître cette colora-

TUMEURS

tion et nous n’avons jamais vu se produire sous leur influence la teinte rouge ou violacée que prend souvent la matière amyloïde.

Dans le tissu conjonctif qui forme le stroma du néoplasme, on observe en beaucoup de points des sortes de traînées irrégulières, constituées par de petits amas d’une substance réfringente présentant la même réaction vis-à-vis de l’iode et des acides, mais sans revêtir la forme ni l’aspect stratifié des corps contenus dans les alvéoles.

Les cellules de cette tumeur sont remarquables par la fréquence et la variété des dégénérescences dont elles sont le siège. Celles-ci se montrent toujours dans le corps cellulaire, jamais dans le noyau. Très fréquemment, on observe des cellules dont le plasma contient un nombre variable de petites sphères entourées dune zone claire, d’autres sont remplies de gros granules retenant fortement les couleurs d’aniline, ailleurs le plasma est devenu vacuolaire, etc.

La description de toutes ces altérations cellulaires ne saurait trouver place ici. Nous nous proposons, d’ailleurs, de consacrer à cette étude un travail spécial dans lequel nous pourrons insister sur tous ces faits que nous ne faisons que signaler.

16. — Sarcome hématique de l’extrémité inférieure du tibia avec

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