‹ Études de clinique chirurgicaleChapitre 76 sur 99 · Kyste dermoïde de la fesse · texte numérisé non relu

Kyste dermoïde de la fesse

Le sujet, porteur de cette lésion, était âgé de 45 ans. Il se rappelle avoir constaté dès l'âge de 9 ans une petite tumeur du volume d’une

Fig. 19. — Kyste dermoïde de la fesse.

noisette à la partie interne de la fesse gauche. Elle s’est modifiée seulement depuis dix-huit mois, a augmenté progressivement de volume, s’est allongée et est devenue une cause de gène dans la marche.

Actuellement on constate une tumeur allongée verticalement, rappelant la forme d’un concombre de pelite taille qui serait appliqué le long du bord interne de la fesse gauche. Elle commence à la hauteur de la pointe du coccyx et descend dans une longueur de 12 centimètres, libre par son extrémité inférieure, adhérente par un pédicule

tumeurs

assez étroit, maislongde 1 it 8 centimètres. Légères bosselures, consistance fluctuante, peau amincie mais non adhérente, pas de douleurs

La' tumeur fut extirpée au bistouri, ce qui permit de constater qu’elle n’avait aucune connexion avec le squelette. Réunion immédiate. . ....

La cavité kystique contenait environ un demi-litre d une bouillie

homogène analogue à de la purée de marrons.

Fig. 20. — Coupe partant sur la paroi d’un kyste dermoïde de la fesse.

Examen histologique. — Ce kyste présentait deux régions bien limitées et qu’il importait d’étudier séparément. La première constituant presque toute la surface interne était lisse, légèrement nacrée; elle nous a montré, sur les coupes perpendiculaires à la surface, un épiderme formé d’épithélium pavimenteux stratifié rappelant absolument par son aspect celui de la peau normale et un derme peu épais, assez lâche, dépourvu de glandes et de follicules pileux. La seconde région, de beaucoup la plus intéressante, présentait une foule de papilles mamelonnées en forme de choux-fleurs. A la coupe (fig. 20), ces papilles étaient constituées de dehors en dedans par : 1° une couche de lamelles épidermiques en voie de destruction et d’exfoliation; 2° un épithélium pavimenteux stratifié fortement épaissi et envoyant dans le derme sous-jacent des bourgeons profonds et irréguliers ; 3° un derme plus ou moins épais selon les points de la coupe, sillonné de quelques vaisseaux.

RECUEIL DE FAITS CLINIQUES

Les végétations épidermiques de la face interne de ce kyste sont morphologiquement identiques aux'papillomes, verrues, etc., que l'on observe à la surface de la peau et, étant donnée l’origine ectodermique des kystes congénitaux, elles leur sont homologues. Nous devons toutefois signaler dans l’épaisseur des bourgeons épidermiques la présence de globes épidermiques bien nets et dont quelques-uns rapprochés de la surface communiquaient librement avec la couche de cellules atrophiées et lamelleuses.

La présence de ces globes toujours constants dans les épithéliomes formés aux dépens de la peau, semblerait confirmer l’opinion que les kystes congénitaux sont souvent le lieu d’origine d’une tumeur épithéliale, et nous nous trouverions ici en présence d’une tumeur bénigne en voie de transformation. Ajoutons cependant que la couche génératrice de l’épiderme était encore normale et que l’on n’observe pas de karyokynèse au sein de la couche de Malpighi.

Notre attention s’est surtout portée sur l’origine des papillomes développés dans l’intérieur du kyste et nous avons recherché les bactéries qui, d’après certains auteurs, seraient la cause déterminante de ces néoplasies. Cette recherche nous était dictée par l’intérêt qu’il y aurait à trouver dans un papillome parfaitement abrité de toute contamination extérieure un parasite dont la présence n’eut pu s’expliquer alors que grâce à un apport direct par l’appareil vasculaire. Les coupes examinées à ce point de vue ne nous ont présenté aucun microbe et nous devons conclure que dans ce cas du moins la tumeur n’était pas imputable à des organismes de cette nature.

Le contenu du kyste était constitué par des cellules lymphatiques infiltrées de granulations graisseuses, des lames épidermiques cornées très abondantes et des cristaux de cholestérine.

25. — Anévrysme do tronc tibio-péronier traité par la flexion.

Ernest M.. . , âgé de 35 ans, n’a remarqué le début de son affection que depuis quatre mois. A cette époque, il fut pris de douleur dans la jambe droite, et constata la présence d’une tumeur beaucoup moindre qu’aujourd’hui. En même temps survint de l’essoufflement et il dut s’aliter.

On ne relève chez lui, comme antécédents, que sa profession de peintre en bâtiment qu’il exerce depuis l’âge de 18 ans sans jamais avoir eu de coliques de plomb. Pas d’alcoolisme, pas de syphilis, pas d’impaludisme.

Depuis un mois et demi s’est développé un œdème très marqué des deux jambes qui l’inquiète et l’amène â l’hôpital.

CRANE ET RACIIIS

Actuellement, le malade présente un état général des plus mauvais, il est amaigri, sa respiration est courte et son teint a la pâleur des albuminuriques.

À la jambe gauehe, tout en haut du mollet, empiétant sur la moitié inférieure du creux poplité, existe une tumeur, dépassant le volume du poing. Elle est étalée à sa périphérie et mal circonscrite. On y trouve une réductibilité partielle, de l’expansion, du frémissement systolique et un double souffle.

Il existe une hypertrophie cardiaque très prononcé et un double

souffle à la pointe.

La quantité d’urine est un peu augmentée, sans albumine.

Le malade est traité pendant quelques jours par l’iodure de potassium et la digitale, puis, l’anévrysme paraissant augmenter, l’oedème s’accroissant accompagné d’une légère suffusion ecchymotique de la peau du mollet, on applique un appareil maintenant la jambe en flexion. Le malade supporta très bien cette attitude, mais l’état général restait toujours très précaire. Au bout de dix jours l’appareil fut levé et remplacé. L’anévrysme avait conservé Son volume, mais les battements étaient moindres. Le vingtième jour, l’état du malade s’aggrave brusquement. Dyspnée, douleur rénale, refroidissement des extrémités, faciès grippé. Il meurt dans la journée.

Examen anatomique. — Il existe une infiltration de sang sous la peau et dans les interstices musculaires profonds. Le soléaire est dissocié par les caillots. La poche occupe le trajet du tronc tibio péronier, elle est du volume du poing, épaisse en haut, mais détruite en bas où sa paroi est constituée directement par le muscle soléaire. Une mince lame fibrineuse la double en haut. Le tibia et le péroné sont érodés à son niveau.

Pas d’altérations apparentes du système artériel. Hypertrophie cardiaque et insuffisance mitrale accusés. Reins petits, sans altérations apparentes. Pas de foyers apoplectiques dans les viscères.

Crâne et rachis.

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