‹ Études de clinique chirurgicaleChapitre 85 sur 99 · Invagination intestinale · texte numérisé non relu

Invagination intestinale

(Obs. publ. in extenso dans les Bull, de la Soc. anatorn., 1891, p. 7).

Frédéric Fl..., âgé de 21 ans, entré le 2 janvier 1891, salle Malgaigne. Cet homme est apporté mourant à l’hôpital. Il est cyanosé, les extrémités refroidies , la voix à peine perceptible. Le début, très franc, remonte à 10 jours et a été signalé par de violentes coliques accompagnées de selles sanglantes.

Depuis, aucune évacuation alvine. Vomissements non féloïdes.

Le ventre est peu tendu, on ne sent pas de tumeur. On porte le diagnostic d’invagination intestinale, mais on n’intervient pas, étant donné son état de collapsus. Mort 3 heures après.

A l’autopsie, on constate une invagination iléo-côlique dont le collier s’arrête au commencement du côlon descendant.

Le ligament supérieur du cæcum forme un cordon dur tendu entre le cylindre moyen et le cylindre interne de l’in-

\agination. Fig. 25. — Invagination iléo-côlique.

11 existe sur la muqueuse

intestinale des lésions tubercnlpnQPc Ipo . • ,

. ^ueicuieuses, les unes guenes, les autres

Le Dentc. — Leçons.

RECUEIL DE FAITS CLINIQUES

37. — Occlusion intestinale. Bhide insérée sur l’intestin grêle et

DÉTERMINANT UNE COUDURE. LaPARATOMIE. MORT TARDIVE PAR PNEU- MONIE.

Jean Br..., 46 ans, journalier, entre à l’hôpital le 10 janvier 1891, au septième jour d’accidents d’occlusion ayant débuté dans les conditions suivantes: coliques, vomissements; deux purgations prescrites par son médecin ont été vomies.

Aucun antécédent autre qu’une fièvre typhoïde dans l’enfance.

On constate un ballonnement modéré, surtout péri-ombilical, accompagné d’un peu de sensibilité. Le pouls est fort, et l’état général assez bon. On donne au malade un lavement électrique (eau salée et courants galvaniques interrompus). Aussitôt après, émission de gaz et de matières ovillées, en grande quantité, mélangées à environ 100 grammes de sang pur. Lavage de l’estomac. Nouvelles selles dans la nuit.

Le 11 et le 12, les vomissements ont cessé, mais le ventre est resté ballonné et le malade continue à se plaindre de coliques.

Le 15, les vomissements ont reparu abondants, et le malade est plus affaibli. L’intervention est jugée nécessaire et dans l’hypothèse d’un obstacle sur ie gros intestin, on pratique l'incision dans la fosse iliaque droite pour faire un anus contre nature sur le cæcum. Mais comme le gros intestin est trouvé affaissé, on abandonne cette voie et la laparotomie médiane permet de lever l'obstacle. Celui-ci est constitué par une bride insérée sur l’intestin grêle, à 30 centimètres du cæcum, et près du hile de l’intestin. Elle détermine une brusque coudure au-dessus de laquelle l’intestin est considérablement dilaté. Par son autre extrémité, la bride s’insère sur le mésocôlon ascendant.

Le lendemain, 16, les vomissements sont disparus, mais le ballonnement persiste et il n’y a pas de fièvre. Il s'agit probablement d’un pseudo-étranglement par paralysie de l’intestin. Néanmoins le 18, comme il n’y a pas de selle, de crainte d’un autre obstacle méconnu, l’incision de la fosse iliaque est rouverte, et un anus contre nature est établi sur l’intestin grêle dilaté.

Le 20, le malade est dans un état d’affaissement prononcé. Sa femme, malgré toutes les remontrances, d’accord avec lui, le fait transporter à sa maison. Dix jours plus tard, le 30, elle le ramène atteint de pneumonie. Il meurt au bout de quelques heures. Il n’avait pris pendant tout ce temps que de la glace en abondance et une bouteille de champagne.

A l’autopsie, l’intestin grêle est trouvé libre sur tout son parcours,

TUBE DIGESTIF

il est affaissé et sain ; deux anses intestinales adhèrent à la cicatrice de la ligne blanche, deux autres au voisinage de l’anus contre nature.

Il existe une pneumonie droite au stade d’hépatisation grise.

Cette observation permet de tirer les conclusions suivantes :

1° Les occlusions par coudures dues à une bride de traction peuvent revêtir une allure subaiguë, car l’obstacle n’est pas absolu et il ne détermine pas à son niveau des lésions précoces de l’intestin.

2° Après la levée de l’obstacle, les évacuations peuvent rester suspendues pendant deux ou trois jours par suite de la paralysie de l’intestin, comme on l’a observé dans l’étranglement herniaire.

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