‹ Études de clinique chirurgicaleChapitre 90 sur 99 · C. C. DE SANG ARTÉRIEL 100 C. G. DE SANG VEINEUX · texte numérisé non relu

C. C. DE SANG ARTÉRIEL 100 C. G. DE SANG VEINEUX

de 26 c.c. 02 à 31 c.c. 65 traces à 2 c.c. 92 de 11 c.c. 76 à 17 c.c. 70 de 1 c.c. 25 à 1 c.c. 80

de 27 c.c. 83 à 34 c.c. 26 d’acide carb. libre

de 1 c.c. 57 à 3 c.c. 81 d’acide carbon, lié

de 9 c.c. 20 à 12 c.c. 61 d’oxygène

de 1 c.c. » à 1 c.c. 25 d’azote

Gomme on le voit, l’écart porte spécialement sur les quantités respectives d’azote dans le sang et dans le rein, Il y a de plus du côté du sang une prédominance très frappante de l’acide carbonique. Tandis que c’est ce gaz et l’oxygène qui y occupent les deux premières places au point de vue de la quantité, et que l’azote vient bien loin derrière, la proportion d’azoLe était de beaucoup la plus forte dans le rein malade que j’ai extirpé ; l’oxygène venait en seconde ligne et l'acide carbonique n’est plus représenté que par une faible fraction.

Néanmoins, en dépit de ce renversement remarquable des proportions dans les deux cas, j’incline à penser que les gaz contenus dans ce foyer de pyélo-néphrite calculeuse provenaient du sang. Par quel

PAROI ABDOMINALE. FOIE. REINS

mécanisme, sous l’influence île quelle cause intime et mystérieuse, je n’essaierai pas de le préciser, de peur de m’aventurer dans une explication par trop théorique. La question de physiologie pathologique que soulèvent le cas de M. Lannelongue et le mien, n’est pas de celles que l’on puisse trancher sans s’appuyer sur des déductions expérimentales ou cliniques précises et suffisamment nombreuses. Je m’en tiendrai donc à l’exposé pur et simple de ce fait sans en tirer de conclusion définitive. J’ajoute à ce qui précède l’examen anatomique et histologique détaillé qui m’a été fourni par M. le Dr Albarran, mon ancien interne.

Aspect macroscopique. — Le rein augmenté de volume a une longueur de 0m,105; sa largeur est de 0m,075 et son épaisseur de 0m,Ü65; son poids, de 15U grammes. Sa surface extérieure est irrégulière, bosselée : les bosselures, arrondies, donnent à la palpation, d'une manière très nette, la sensation d’un clapotement due à la présence simultanée de gaz et d’un liquide dans l’organe dilaté. A la coupe, on voit que le bassinet distendu se continue avec des calices élargis, tortueux, irréguliers, qui aboutissent aux cavités fluctuantes du rein.

Le tissu rénal lui-même apparaît creusé de vacuoles multiples qui communiquent très largement entre elles et avec les calices dont elles représentent l’extrémité terminale dilatée. Quelques cavités ont leur surface interne lisse; mais dans un certain nombre d’entre elles, surtout vers l’extrémité supérieure du rein, on voit des saillies irrégulières, nombreuses, qui leur donnent un aspect verruqueux.

Entre les loges creusées dans le parenchyme du rein par les calices dilatés subsiste encore, surtout vers le milieu de l’organe, un peu de tissu intact.

Le bassinet et ses premières divisions sont enveloppées d’une couche de graisse assez épaisse.

Dans l’intérieur du rein se trouvait un liquide purulent mélangé de 8 centimètres cubes de gaz (voir l’analyse ci-jointe). Dans un des calices dilatés était enchâssé un calcul de forme irrégulière, à surface mamelonnée, de couleur brun foncé, dont le poids est de fi grammes.

Examen histologique. — 1° Portions représentant les cloisons entre les cavités au niveau desquelles le tissu rénal est relativement conservé :

Néphrite diffuse très intense ci prédominance interstitielle. — Les tubes urinifères sont séparés par un tissu conjonctif embryonnaire dans certains endroits, adulte, sclérosé presque partout. Les tubes eux-mêmes sont élargis irrégulièrement, leur épithélium est en dégénérescence granuleuse. Pour la plupart, les glomérules ont des

RECUEIL DE FAITS CLINIQUES

capsules épaissies et sont atteints de lésions marquées de sclérose intraglomérulaire.

Au niveau des poches. — La paroi limite ne présente dans certains endroits que 2 millimètres d’épaisseur. Elle est constituée par des faisceaux parallèles de tissu fibreux entre lesquels on dis lingue vaguement de petits pelotons fibreux, dernier vestige des glomérules sclérosés ; par places se montrent des débris de tubes urinifères presque méconnaissables.

Lorsque la coupe porte sur des points plus épais de la paroi, on voit un grand nombre de canalicules à paroi épaissie dont l’épithélium a subi la dégénérescence colloïde.

L’examen de la surface verruqueuse de certaines cavités montre qu’il s’agit d’une accumulation de tissu embryonnaire contenant un grand nombre de petits vaisseaux à paroi épaisse.

En résumé. — Ce rein présente à un haut degré les lésions produites par l’oblitération septique complète ou incomplète de l’uretère.

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