Cf. Jangcy, Le procès de Galilée et la théologie, p
ment certaine. A coup sûr, Galilée est loin d'en avoir fourni les preuves absolument démonstratives *. Il s'est même trouvé, jusqu'au xix^ siècle, des auteurs graves qui ont refusé d'y croire. Tout récemment encore, on a fait grand bruit d'une page où M. Poincaré déclarait que cette théorie, telle qu'on l'enseigne dans les écoles, ne repose que sur une hypothèse qui n'exclut pas la possibilité mathématique d'une hypothèse contraire ^. Ces observations sont justes. Mais en astronomie la preuve absolue est impossible à administrer. Cela n'empêche pas que l'opinion de Copernic soit arrivée depuis longtemps à un degré de probabilité qui touche à la certitude, j'entends la certitude morale, « L'Eglise l'a estimée assez bien démontrée pour revenir sur les décisions qu'elle avait formulées contre elle et pour autoriser l'explication des textes de l'Ecriture en un sens contraire à l'interprétation moralement unanime des Pères et des anciens commentateurs. Nous tenons donc cette opinion pour vraie ^. »
Qu'elle appartienne au domaine des croyances religieuses, non pas en soi, mais par certaines attaches, c'est ce qui nous semble pareillement incontestable. Les juges de Galilée ne l'envisagèrent guère que dans ses rapports avec les textes de l'Ecriture sainte. Aussi le décret de 1616 marque-t-il le caractère religieux de la sentence qu'il porte ; son
1. cf. Laplace, Essai sur les probabilités, Paris, i8i>0, p. 247; Secclii, Manuale didattico-storico de Schiavi (1874), p. 388; cités par Grisar, ouv. cit., p. 30.
2. M. Lechalas nous fait remarquer (Séance de l'Académie de Uouen du 13 mai 1904) que les nails seuls ont pu attacher quelque importance à l'idée de Poincaré, proposée sous forme d'Iiypotlièse paradoxale.