‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 104 sur 142 · P. L., t. CLXXXIX, col. 4026 sq., s{atut LxXXVI · texte numérisé non relu

P. L., t. CLXXXIX, col. 4026 sq., s{atut LxXXVI

6. Ordinamus et statuimus quod in omnibus locis conventuglibus ordinis in honore B. Vingenis cantetur amodo post completorium cum nota altaque voce, Salve Regina, vel alia antiphona de eadem cum collecta, etc. Bibliotheca Cluniacensis, col. 1544.

ment désigné, ce qui marque en quel honneur il était à Cluny depuis le temps de Pierre le Vénérable.

I1 semble que ce furent les dominicains qui 1prirent les premiers l'habitude de chanter cetteantienne après complies. Le bienheureux Jourdain de Saxe, second maître général de l'ordre, raconte dans sa Vie de saint Dominique que les maisons dominicaines furent à l’origine horriblement tourmentées par les démons. Témoin lui-même du supplice qu'endura à Bologne le frère Bernard, il écrit : « Si cruel fut son martyre que, dans notre angoisse, nous avons ordonné de chanter, à l'issue de complies, l'antienne Salve Regina. De Bologne cet usage s'est répandu dans toute la province de Lombardieet, par ce moyen, cette pieuse et salutaire coutume a fini par s’enraciner dans l’ordre tout entier. Ne devons-nous pas croire que la Mère de notre Sauveur se plaît à de telles louanges et prend part à nos joies? Un homme d’esprit religieux et digne de foi m'a rapporté que fréquemment, tandis que les frères chantaient : Eiïa ergo advocata nostra, il avait vu en esprit la Mère de Dieu elle-même se prosterner devant son Fils et prier pour la conversion de tout l’ordre!. » Ceci était écrit avant 1234. Et un autre historien dominicain nous apprend que le chapitre général tenu à Limoges en 1250 décréta la récitation du Salve « in choro flexis genibus post horas? ».

Au sentiment de M. Godet’, ce serait à l’instigation des dominicains et plus spécialement de saint Ray-

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