CONCLUSION
L'étude des manuscrits rend peu vraisemblable l'attribution de l’/mitation de Jésus-Christ à un religieux du xur° siècle. On n’a pas de manuscrit daté antérieur à 1421; on n’en a pas de non daté qu'on puisse raisonnablement faire remonter plus haut que 1425.
L'auteur de l’/mitation s'est inspiré des ouvrages de l’école de Windesheim et notamment de la lettre de Jean de Schoonhoven qui est de 1383. L'âge du pieux livre peut donc être fixé avec assurance aux environs de l'an 1400 (plus exactement entre 1383 et 1420 pour le premier livre, 1426 pour les quatre livres).
Il s'ensuit que l'attribution de l'ouvrage à Jean Gersenest insoutenable. Aussi bien certains critiques,
et des plus qualifiés, M# Duchesne par exemple !, ont été jusqu'à insinuer que le prétendu abbé de Saint- Etienne de Verceil n'a jamais existé. Des copistes maladroits auraient converti le nom de Gerson, à qui plusieurs manuscrits attribuent l’/mitation, en celui de Gersen ?. Jean Gersen serait ainsi, quoi qu'on en ait dit %, « le fils d’une faute d'orthographe ».
Malgré les ombres qui enveloppent encore l'origine de l’/Zmitation, de très graves raisons, en particulier l'étude de l’autographe de 1441 et le témoi= gnage de plusieurs contemporains, inclinent les critiques les plus prudents à penser que la paternité doit en être attribuée à Thomas de Kempen, communément connu sous le nom de Thomas à Kempis.
4. Dans Bulletin critique, 1881, p. 288, note 2 M. Funk parait partager ce sentiment. -
2, Sur ce point, voir toufe l'étude de Funk intitulée Gerson et se dans Kirchengeschichtliche Abhandlungen, t. I11(1899), p. 373-
3. Tamizey de Larroque, Preuves que Thomas à Kempis n'a pas composé l’'Imitation, loc. cit.