Op. cit., p
2. « C'est un pur hors-d’œuvre. On conçoit très bien qu'an lecteur ou un recenseur érudit ait inséré ici quelques développements tirés de la passion de saint Denis, deRufin ou même du Liber pontificalis ; on ne voit guère pourquoi le biographe primitif aurait tenu à disserter si longuement sur les premiers papes et l’ordre de leur succession. Il est question du martyr saint Denis et de son tombeau; le narrateur nous montre sainte Geneviève s'intéressant à ce sanctuaire et provo- TEE quant sa transformation en une belle basilique. Ce que vient faireà” ce propos saint Clément, avec ses prédécesseurs Lin et Anaclet, sans parler de saint Pierre et de Simon le Magicien, j'avoue ne pas Paper-… cevoir. » Duchesne, La Vie de sainte Geneviève, dans Bibliot de l'École des chartes, 1893, t. LIV, p. 211-212.
3. C’est à cette conclusion que nous paraît aboutir la longue dite "4
cussion des textes examinés tant par M. Kohler que par Ms Duchesne et par M. Kurth.
AUTHENTIGITÉ Du Vita Genovefae.
L'auteur du Vita Genovefae nous donne à entendre qu'il écrit dix-huit ans après la mort de la sainte !, c’est-à-dire aux environs de 520. Cette assertion a été violemment contestée par M. Krusch. Le biographe de sainte Geneviève, nous dit-il, n'a pu composer son ouvrage avant 767. On y trouve des réminiscences de Grégoire de Tours, du Virtutes Gertrudis, de l'Histoire ecclésiastique de Bède, du Passio Dionysii, qui marquent un ferminus a quo dont on ne peut pas se départir ?. Nombre de traits semés au cours du Vita prouvent, du reste, que l’auteur est un faussaire.
Un tel jugement est à reviser.
« Les prétendus emprunts faits par le biographe de sainte Geneviève à Grégoire de Tours se réduisent à l’emploi de locutions ou de tournures qui n’appartiennent pas en propre à cet écrivain, mais qui sont familières à la langue de l’époque? » Nous avons déjà cité reddere excusatum, judicare membra; ajoutons contraxerant pour contracta erant. Ce dernier terme se rencontre, avec quelques autres semblables, tout à la fois dans le Virtutes Martini de Grégoire et dans le Vita Genovefae ‘. Il n’en faudrait pas conclure à un emprunt. Les expressions communes aux deux auteurs sont d’une langue qui appartient à tout le monde. La ressemblance des termes s’explique en pareil cas par l’analogie des récits ÿ.