Neues Archiv, t. XVIII, p
5, 11 porte : Loca sanclorum martyrum Dionisio, Rustico et Eleutherio, ubi ipsi domini corpore requiescunt, in loco qui dicitur
Cadolaco, ubi plurima servorum Dei turma laudes Christi die
demande comment l’auteur a pu avoir l'intention de tromper ses lecteurs, et voulu leur faire croire que «leur village portait un autre nom que son nom véritable !». Une pareille hypothèse est insoutenable. Le Cadolacus de Fulrad n’est autre que le Cadolacus du Vita Genovefae et prouve seulement qu’au vu° siècle le vicus avait gardé son nom, conjointementavec celui de Saint-Denis, comme Fontenelle garda son nom conjointement avec celui. de Saint-Wandrille, Elnone avec celui de Saint-Amand, etc. C’est ce dont témoigne Fulrad qui désigne indifféremment le même vicus par Catullacum et par Saint- Denis. « Le monétaire Ebrégesile marque également Ja. monnaie frappée en ce lieu, tantôt du mot : CATOLACO. ou CATULLACO, tantôt du terme sci DIoNISI ?. »
« Le seul fait que l’auteur du Vita ne mentionne jamais l’abbaye (de Saint-Denis) n’aurait-il pas dû ouvrir les yeux à M. Krusch et lui montrer qu’il écrit au moins avant 625, date de la fondation de l’abbaye par Dago- … bert Ier ? Si, comme le suppose M. Krusch, il avait écrit … après 767, aurait-il pu éviter de parler de l'abbaye et de trahir par là sa postériorité ?
« Quant aux monnaies que M. Krusch rajeunit pour les besoins de sa cause, ce sont bel et bien des monnaies mérovingiennes, parfaitement connues et décrites comme telles par les numismates. Elles portent le nom du monétaire Ébrégisilus, et Ponton d'Amécourt les date du règne de Dagobert [°" #. » Le nom de Cadolacus est donc bien authentique au vi° siècle.
M. Krusch argue enfin de la phrase finale du Vita pour reporter à une époque tardive la composition de 14} l'ouvrage. On y lit: « Atque ideo universi, qui Patremet… Filium et Spiritum Sanctum secundum substantiam deitatis adoremus et unitatem in trinitate (A 56 ajoute : quia tota regalis est) confitemur, incessanter obsecremus ES
us adesse videntur. Tardif, GO historiques, p. 6h,
col. 2.
4. Duchesne, Biblioth. de l'École des chartes, t. LAN, p. 22%. 2. Ponton d’Amécourt, Essai sur la numismatique mérovingienne,
p. 76; Prou, Les monnaies mérovingiennes, p. 181-183. D: 3. Kurth, op. cit., p. 61 (59).
ur, AS CNE , j to at
. fidelissimam Dei famulam Genovefam, » etc. !. M. Krusch commente ainsi ce passage. « L’allusion faite à la fin du Vita aux images des personnages bibliques ou hagiographiques qui ornent l’église Sainte-Geneviève et l’exhortation à professer la vraie doctrine de la Trinité, parce qu’elle est toute royale, sont peut-être un indice permet- . tant de préciser davantage le temps où écrivait l’auteur. On sait que les grecs avaient des doctrines particulières sur le culte des saints et sur la Trinité. Ces deux questions firent l’objet de débats qui eurent lieu sur le sol de la Gaule. L'empereur Constantin avait envoyé une ambassade à Pépin pour gagner le roi des Francs à son opinion. En 767, le roi tint un grand synode composé de romains et de grecs à Gentilly, village situé au sud de Paris et tout près de cette ville : on y examina les deux questions controversées. Les Annales Laurissenses nous
… renseignent à ce sujet-comme suit : Tunc habuit domnus
Pippinus rex in supra dicta villa synodum magnam inter Romanos et Graecos de sancta Trinitale vel de sanctorum imaginibus. C’est, à mon sens, au temps de ce synode que la Vie de la sainte fut écrite à Paris ; elle cherche à influencer le lecteur en insistant sur le culte des images, et le roi, chef du synode, en relevant la qualité royale de la vraie doctrine de la Trinité », die Betonung der künig-
ligen Eigenschaft der wahren Trinitätlehre ?. Il y à dans ces remarques toute une série de malen-
; tendus.
Et d’abord « le Vita ne dit pas un mot du culte des images; il se borne à nous décrire l’église des Saints- Apôtres, et il le fait brièvement en signalant les deux traits les plus remarquables : d’une part, une cour entourée de portiques aux trois côtés, de l’autre les peintures qui ornaient les murs du sanctuaire. Cela est pure-
ment descriptif et sans ombre de préoccupation polémique, et ilfaut vraiment de la bonne volonté pour trouver ici une allusion à la querelle des images 5. »