Op. cil., p
2, L'Aquila rapax, par exemple, dont on fait un si grand état, ne
Cette règle souffre-t-elle des exceptions? On a voulu en voir une dans la devise d’Innocent XI, une autre dans celle d'Alexandre VII, et une troisième dans celle de Léon XIIT. |
La légende d'Innocent XI (1676-1689) porte : Bestia énsatiabilis. Or ce pontife avait dans ses armes, avant son élévation, « un lion léopardé de gueules et une aigle de sable ». C’en est assez pour que des critiques aient reconnu — est-ce dans le lion, est-ce dans l'aigle? — «la bête insatiable ». Mais pourquoi le lion plutôt que l’aigle? ou l'aigle plutôt que le lion? La devise ne serait-elle pas plus juste, sielle portait : Bestiae insatiabiles ? Aussi, Cucherat!, que l’interprétation courante ne satisfait pas, a-t-il recours aux événements contemporains pour expliquer la légende,.et dans ces événements il ne considère même que la conduite de Louis XIV. Ce sont les passions du grand roi, son orgueil et sa luxure, qui répondent à la devise d'Innocent XI : Bestia insatiabilis. Ici encore les armoiries du pontife seraient insuffisantes pour donner la clef de sa légende.
Le Custos montium s'applique-t-il mieux à Alexandre VII? Les armes de ce pape représentaient trois collines surmontées d’une étoile. Donc Alexandre VII — Montium custos. Mais le P. Thurston fait observer? que nombre de cardinaux, à cette date, portaient des « collines » dans leurs armoiries; pareïllement, cinq autres papes vers le même temps. Il y avait donc six chances pour que le Montium custos tombäât conviendrait-il pas mieux à Napoléon qu’à Pie VII? Comment le prophète, voulant caractériser le pontificat du pape, lui donne-t-il une devise qui ne s'applique bien qu’à son ennemi?