Op. cit., p
n’a-t-il pas ajouté un commentaire explicatif à leurs devises, comme il avait fait pour les papes précédents.
Ces considérations ont porté le P. Ménestrier ? et Harnack à rattacher l’origine de la prophétie au conclave qui suivit la mort d'Urbain VII (16 septembre au 4 décembre 1590). L'un des cardinaux papables aurait été alors Simoncelli, évêque d’Orvieto (Urbs Vetus). Voulant recommander cette candidature, le faussaire aurait lancé sa prophétie avec la devise De Antiquitate Urbis, pour dèsigner le futur pape. Mais la manœuvre échoua. La tiare échut au milanais Nicolas Sfondrate, qui prit le nom de Grégoire XIV. £t, du même coup, la devise : De Antiquitate Urbis, qui devait s’appliquer à Simoncelli, devint lettre morte. C’est la première qui diffère essentiellement des devises précédentes. Le P. Ménestrier et Harnack en concluent qu'elle marque la date d’origine de la prétendue prophétie.
Le P. Thurston ne partage pas tout à fait cet avis. D'après les documents, qui abondent sur le conclave de 1590, remarque-t-il, le nom de Simoncelli ne figure point parmi les cardinaux papables ÿ. On comprend mieux que son nom ait été prononcé plus tôt, par exemple vers 1585, lors de l’avènement de Sixte V, en vue de la vacance future du siège pontifical. Thurston soupçonne Ciacconius { d’avoir forgé alors,
1, Cette argumentation de Harnacket de Thurston ne nous satisfait pas complètement. Si le dominicain Ciacconius n’est pas le complice de Wion — et cette complicité nous paraît douteuse — il est fort probable que Wion est à la fois l’auteur et l'éditeur de la fameuse Prophétie.