‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 44 sur 142 · LA VIERGE · texte numérisé non relu

LA VIERGE

Tout près de Paris, à l'extrémité occidentale de la presqu'île de Gennevilliers, au pied de la colline qui a pris depuis le nom de Mont-Valérien, se dressait au rv° siècle le petit village de Vemetodurum ou Nanterre. Ce lieu avait déjà été pour les Gaulois un endroit sacré, et il semble qu'ils y aient élevé un temple. Au 1v° siècle, Nemetodurum était une paroisse chrétienne et la petite église paroissiale y remplaçait le temple païen.

C'est là que naquit Geneviève, aux environs de 420 ?. Son père s'appelait Sévère et samère Gérontia. « Leurs noms, dont l’un est latin et l’autre d’origine grecque, n’ont rien qui puisse étonner dans un pays gallo-romain. L'histoire a conservé le souvenir d’un soldat dunom de Gérontius, lieutenant de ce Constantin qui se fit proclamer empereur en Grande- Bretagne et périt en 411, sous les coups d'Honorius.

4. Nemetodurum est devenu Nemplodorum dans Grégoire de Tours, Hist. Franc., X, xxvu. Nemptodurum est la forme classique ; Nemp- 1odorum représente l'orthographe phonétique populaire, comme l’a bien remarqué M. Kurth, op. cif,, p. 68. Nemeto en langue celtique

signifie « lieu sacré » ou « temple »; durum «fort», « forteresse », « Château ».

2. Geneviève était encore tout enfant, infans, puella, quand elle vit

saint Germain d'Auxerre en 429, Cf, Vita B 2-5.

La condition sociale de Sévère et de Gérontia ne nous est pas connue !. » Mais tout porte à croire qu'ils vivaient dans une honnête aisance. Il semble qu'ils possédaient des terres en plusieurs endroits, notamment dans le diocèse de Meaux?.

Le nom de Geneviève que reçut leur enfant est probablementd'origine germanique*. Geneviève futelle baptisée à Nanterre ou à Paris? Nous ne saurions le dire. À cette époque, les églises de village n'avaient pas toujours de fonts baptismaux. Du moins savons-nous que la marraine de l'enfant habitait la cité parisienne ‘.

Élevée dans les sentiments de piété qui animaient en ces temps toutes les familles chrétiennes, Geneviève croissait en grâce eten sagesse. Un événement singulier allait bientôt révéler sa vertu naissante et sa haute vocation. Elle ne comptait guère plus de sept ou huit ans, quant deux saints pontifes, Germain d'Auxerre et Loup de Troyes, attirèrent sur elle l'attention publique.

Les deux évêques, appelés par leurs collègues de la Grande-Bretagne au secours de la doctrine, menacée par l’hérésie pélagienne*, avaient quitté

1, Lesétre, Sainte Genevieve, p. 2.

3. Cependant Færstemann (Al{deutschen Namenbuch, 2 édit., t. I, p. 627), après avoir constaté que les noms commençant par Geno se rencontrent presque exclusivement dans les régions occidentales, se demande s’il ne faut pas en chercher l'étymologie dans le celtique. Cf. Lesêtre, op. cit., p. 2, et Kurth, op. cit., p. 51 (49), où se trouve discutée l’objection de M. Krusch, tirée du nom de Genovefa, contre l’authenticité du Vita.

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