Vita B G
2, Cf. Duchesne, Origines du culle chrétien, p. 410-412.
3. Ep. ad Demetriadem, cxxx, 2. Sur le voile de l’oblation, cf. Salomon Reinach, Compte rendu de l'Académie des inscriptions, 12 novembre 1897, p. 644.
4. Epist. II, 43, dans P. L., L. XX, col. 479. Cf. Ambroise, Ad virginem lapsam, cap. vi, n° 83.
5. « Nisi de seculo recesserit. » Plusieurs manuscrits portent :
qui, du vivant de son mari, en épouse un autre, est considérée comme adultère, et si l’on ne l'admet pas à la pénitence avant que l’un des deux soit mort, à plus forte raison faut-il traiter avec la même rigueur celle qui après avoir contracté union avec l'Epoux immortel, a convolé ensuite à des noces hunaines. »
Geneviève avait conscience des obligations qu’elle contractait, et elle garda toute sa vie le souvenir ému de sa consécration. Elle avaitun goût si vif dela pureté qu'on put croire qu'elle possédait le don de discerner les âmes pécheresses. Un jour, raconte son biographe !, elle se trouva en présence d’une jeune femme qui venait de Bourges à Paris. La voyageuse avait tous les dehors de l’austérité. Geneviève, qui lisait au fond des cœurs, lui demanda tout simplement si elle était vierge ou veuve. Comme celle-ci répondait qu’elle avait reçu la consécration des vierges et qu’elle était restée fidèle au Christ dans la pureté de son corps, Geneviève la reprit et, relevant son mensonge, lui reprocha nettement d'avoir manqué aux vœux qu'elle avait faits; elle lui révéla par le détail les circonstances dans lesquelles la tentation, sous la forme d'un séducteur, l'avait vaincue ; malgré le secret et l'ombre dont sa faute restait enveloppée, la coupable ne méritait plus le nom d’épouse du Christ. A ce récit, la jeune femme se jeta aux genoux de Geneviève, avoua son péché et promit d’en chercher le pardon dans la pénitence.
Cette anecdote est un témoin indirect du genre de
«de hac vita recesserit » ; c’e st bien, ce semble, le sens indiqué pa le contexte. Cependant certains critiques traduisent : « sortir. du monde pour entrer dans un monastère », 3. Vita B 29.
vie que menaient les vierges chrétiennes en Gaule, au ve siècle. Elles n'étaient pas cloîtrées. On ne voit pas que, dans les premiers siècles, elles aient formé de véritables communautés, ni même de simples congrégations. Le seul endroit où elles se trouvent groupées est l'église. Sans doute, au lendemain de la paix que l’empereur Constantin octroya au christianisme, commencent à paraître les monastères de femmes. Celui que saint Jérôme fonda à Bethléhem est particulièrement célèbre. L’Occident suivit cet exemple. À Milan, notamment, sous l'épiscopat de saint Ambroise, on aperçoit « un sanctuaire de la virginité », sacrarium virginitatis, qui, sans être un cloître proprement dit, sert au moins d'asile aux vierges qui désirent vivre et prier en commun. Victrice de Rouen a-t-il institué sur ce modèle un monastère de jeunes filles dans sa ville épiscopale ? Les termes dont il se sert pour désigner ke groupe des vierges rouen= naises : chorus virginum, sont trop vagues pour qu’on puisse en inférer rien de certain ?. Mais qu'elles . vécussent isolées ou en communauté plus ou moins fermée, ces épouses du Christ formaient une classe à part qui avait dans les cérémonies religieuses une place privilégiée. A l’église elles étaient complète= ment séparées du reste des fidèles ?.
Geneviève ne quitta pas la demeure de ses parents. C'est à ses compatriotes de Nanterre qu’elle continua de donner, quelque temps encore, le spectacle de ses vertus virginales. Mais bientôt, nous dit-on, Sévère et Gérontia moururent. Outre le chagrin de perdre