Vita B
2. L'un des autels trouvés à Paris, en 1710, sous le chœur de
Notre-Dame et conservés au musée de Cluny, porte sur une de ses faces un Jupiter et sur une autre un personnage du nom d’Esus, qui abat æn arbre, enfin un taureau surmonté de trois oiseaux avec cette inscription : Tarvos Trigaranus, « le Taureau aux trois grues », Reproduction dans Alexandre Bertrand, La religion des Gaulois, p. 351. Cf. Revue celtique, t. XVIU, p. 254; Corpus inscript.lat.,t. XIH, n° 3026.
premier édifice était attenante une autre église consacrée à Notre-Dame. Un concile avait été tenu dans la cathédrale dès 360. Sur le bord du fleuve, près du Petit-Pont, un bâtiment en forme de rotonde servait de baptistère !.
« Sur la rive droite, au nord de la cité, s’étendait un faubourg dont il est question dès l’époque de Julien. Une voie romaine le traversait, remontant jusqu'au bourg de Catheuil ?, plus tard Saint-Denis, pour y rejoindre la voie qui suivait de plus ou moins loin le cours de la Seine.
« Au sud de la cité se dressait, par delà le fleuve, une hauteur couronnée de vignobles. C'était le mont Leucotitius, qui semble avoir donné son nom à la Lutèce primitive. Du Petit-Pont partait une voie qui se dirigeait vers Orléans et de laquelle ne tardait pas à se détacher celle qui menait à Chartres. Tout près de là s'élevait le palais bâti par Constance Chlore, habité temporairement par plusieurs empereurs romains (notamment par Julien), et destiné à devenir par la suite la résidence des rois francs. Il en reste aujourd'hui des ruines connues sous le nom de « Palais des Thermes».
« Le Palais et ses jardins occupaient les premières pentes du mont Leucotitius. À quelque distance au sud était assis le camp romain, à l’emplacement actuel des jardins du Luxembourg, dans la partie la plus voisine du palais. Plus à l’est, entre la
4. Vita B9 signale un baptistère. Il est vraisemblabe qu'il se trouvait « sur l'emplacement occupé plus tard par le baptistère connu sous le nom de Saint-Jean-Baptiste ou de Saint-Jean-le-Rond, qui fut bâti au vu* siècle et se trouvait dans l’ile de la Cité au bout du Petit-Pont ». Kohler, op. cit., p. LXXXvI, note 1.
2, Vicus Catolacus.
Seine et le mont, subsistaient les restes des arènes dans lesquelles les anciens habitants avaient contemplé les spectacles sanglants si chers aux Romains. Le sommet du Leucotitius servait depuis longtemps de champ de sépulture. Là, reposait entre autres, l’évêque Prudence, prédécesseur immédiat de saint Marcel !. »
Telle était à peu près, à vol d'oiseau, la physionomie de la cité parisienne, lorsque Geneviève, sur la demande de sa marraine ?, y élut domicile.
On peut croire que leur maison était sise dans la cité proprement dite. À peine Geneviève y était-elle installée qu’elle eut à subir l’épreuve d’une terrible maladie. Son corps devint comme paralysé, ses articulations disjointes refusaient tout service. Elle souffrait cruellement. Le mal alla s’aggravant au point que pendant trois jours elle demeura privée de sentiment; on l'aurait crue morte sans la rougeur qui colorait encore ses joues. Son imagination cependant la transportait dans un autre monde. Revenue à la santé, elle raconta qu'un ange l'avait conduite en esprit dans le royaume des bienheureux et lui avait montré les récompenses merveilleuses que Dieu prépare à ceux qui l’aiment .
Geneviève connut ainsi en quelques jours toutes les extrémités des choses humaines. Dieu, qui la destinait à être l'instrument de ses grands desseins, la trempait fortement pour l’action.
Cependant l'accomplissement de ses devoirs jour-
1. Lesêtre, op. cit., p. 32-34, La chronologie de ces divers épiscopats n’est attestée nulle part.
2, « Accersita a sua matre spirituali. » Vita B7.