‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 55 sur 142 · Vita B · texte numérisé non relu

Vita B

servir Dieu plus librement par les veilles et par l'oraison!.

Ces exercices ne donnent qu'une idée incomplète de ses mortifications. Son abstinence allait jusqu'aux dernières limites. De quinze ans à cinquante, Geneviève ne rompit le jeûne que le dimanche et le jeudi. Et sa nourriture était toujours des plus grossières : du pain d'orge et des fèves cuites à l’eau, qu’elle conservait quelquefois pendant deux ou trois semaines. Ce fut seulement à partir de cinquante ans que, par respect pour les ordres de ses supérieurs ecclésiastiques, elle consentit à manger du poisson et du lait avec son pain d'orge. De toute sa vie elle ne but ni vin ni boisson fermentée?.

Dans un corps aussi mortifié et une âme aussi angélique, les vertus chrétiennes devaient se développer à l'aise. Son biographe, s'inspirant d'une allégorie empruntée à un livre chrétien du re siècle, le Pasteur d'Hermas, dit que Geneviève avait douze compagnes spirituelles qui ne la quittaient jamais : la foi, l’abstinence, la patience, la magnanimité, la simplicité, l'innocence, la concorde, la charité; l’obéissance, la chasteté, la vérité et la prudence.

Mais personne n’est à l'abri des soupçons injurieux. Geneviève n'y échappa pas plus que tant d’autres âmes vraiment religieuses. Ses exercices de piété même étaient suspects à quelques-uns. On nous raconte que, poussée par la curiosité, une de ses voisines voulut s’introduire dans sa cellule pour se rendre compte des mortifications auxquelles elle se

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