‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 63 sur 142 · Genove, ae Vita B · texte numérisé non relu

Genove, ae Vita B

3. Aniant Vita, Rerum merovingicarum scriptores, t. III, p. 416.

4. M. de Barthélemy se demande où était situé Mauriac. Après avoir examiné les diverses hypothèses proposées, il conclut : « Les témoignages les plus sûrs et les plus rapprochés des événements s'accordent à laisser penser que la bataille de Mauriac fut livrée entre Orléans et Troyes. Idace dit : Chunis repedantibus Tregassis in Mauriacensem consedentes campaniam. Grégoire de Tours : Itaque liberatam obtentu beati antistitis civitatem (Aurelianensem) Atlelanem fugant. Qui Mauriacum campun adiens, se praecingit ad

ses pas, l’atteignit et le força d'accepter la bataille.

Les Francs de Mérovée, venus du nord, avaient rejoint l’armée gallo-romaine; ils eurent même l'honneur, nous dit-on, de commencer le terrible engagement qui allait décider des destinées du monde. La nuit qui précéda la grande bataille, ils se heurtèrent aux Gépides, commandés par leur roi Ardarie, qui semblent avoir formé l’arrière-garde ou l'aile gauche d’Attila. Cette première rencontre, au milieu des ténèbres, coûta quinze mille hommes à la nation franque. Le lendemain, le gros des deux armées se mêla dans un corps à corps effroyable. Ce fut une tuerie sans nom, dont l’histoire ancienne n'offre pas d'autre exemple. Cent soixante mille cadavres jonchaient la plaine de Mauriac, et les soldats d’Aétius plongés dans la stupeur reconnaissaient leur victoire au sinistre silence que gardait l’armée d’Attila, protégée par le rempart de ses chariots. On n’osa pas l'y inquiéter, et le roi des Huns, obligé de se retirer, le fit lentement et fièrement, à la manière du lion blessé, qui reste la terreur de son ennemi.

A étius put dès lors se passer du secours des Wisi-

bellum. C’est aussi ce que répète une des versions de la plus ancienne légende de saint Aignan. » Art. cit., p. 399. Et encore : « L’emplacement doit être cherché entre Orléans et Troyes sur une ligne qui passe entre Joigny et Auxerre. J'avais pensé à Vimory, localité du département du Loiret, dans laquelle on pourrait retrouver le nom de vicus Moriacus, mais jusqu'ici aucun texte ne m’a révélé d’une manière certaine la forme ancienne du vocable. » Jbid., p. 408. Ce n’est pas l’opinion commune. D’autres placent Mauriac entre Troyes et Châlons-sur-Marne : Pugnatumque est in quinto miliario de Trecas loco nuncupato Mauriaco in Campania, dit la Continuatio Havwniensis de Prosper (éd. Hille, p. 6). Cf Longnon, Géographie de la Gaule, p. 334 sq., et Girard, Le Campus Mauriacus, dans Revue historique, 1885, p. 324.

4. Sur cette bataille, voir surtout Jordanès, De rebus Geticis, cap. XXXVI-XLI, éd. Mommsen, p. 408-113.

goths, qui reprirent le chemin du midi. Les Francs, plus intéressés que les autres peuplades au sort des frontières du nord-est de la Gaule, restèrent unis à l'armée gallo-romaine et achevèrent avec elle la victoire si brillamment commencée. Une relation qui paraît digne de foi! nous en est garant. « Mérovée, dit un historien ?, aura donc terminé cette lutte, de même qu'il l'avait inaugurée, et c’est l'épée des Francs que les Huns fugitifs auront eue constamment dans les reins, pendant qu'ils reculaient de Mauriac jusqu'aux confins de. la Thuringe, où Aétius les reconduisit à la tête de ses soldats victorieux. »

Geneviève triomphait aussi à sa manière dans Paris inviolé. Les habitants lui surent gré de leur avoir épargné la honte d’une fuite inspirée par une fausse terreur. Plus tard, leur reconnaissance, saluant en elle la protectrice de la cité, la placera, comme d’instinct, sur le même piédestal que saint Aignan, le sauveur d'Orléans *.

Mérovée et ses Francs s'étaient montrés, à une heure critique pour les destinées de la Gaule romaine, les fidèles alliés de l'Empire et de celui qui en avait si glorieusement défendu les intérêts, le général Aétius. Paris s'était bien trouvé de cette collaboration féconde. Les successeurs de Mérovée et d’Aétius, Childéric et Egidius, entretinrent, au profit de tous, une alliance si heureusement commencée.

4, « Agetius vero cum suis, etiam Francos secum habens, post tergum direxit Chunorum, quos usque Thoringia a longe prosecutus est. » Frédégaire, Chron., lib. 11,53, dans Rerum meroving. Scriptores, t. II, p. 74.

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