‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 87 sur 142 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

7. D’après la Chronique de Lorraine, c’est à Jeanne d’Arc qu’il faudrait rapporter toutes les victoires du règne de Charles VII : Orléans, Patay, Reims, prise de Paris et de Bordeaux, de Dieppe et de Caen, puis de Rouen; sous les murs de Rouen la Pucelle s'évanouit comme une apparition mystérieuse. Pur roman. William Caxton et Polydore Virgile content que Jeanne d’Arc fut retenue en prison, pendant huit mois encore après sa condamnation. Comment attacher de l'importance à de telles balivernes? Monstrelet ne trouve rien de mieux que d’insérer dans son histoire une lettre tendancieuse des Anglais pour y remplir les pages que devaient occuper le procès et la mort de Jeanne d’Arc. — Et ce sont ces écrivains dont M. Grillon de Givry invoque le témoignage!

L'évasion de Jeanne d'Arc, par exemple, n’est qu'un mythe. Que la Pucelle ait voulu s'évader, ow même qu'elle ait prévenu ingénument ses juges de son intention, il n’y a rien là qui puisse nous étonner: Mais de l'intention au fait, il existe un abîme. Le « passage souterrain » par où la duchesse de Bedford et Cauchon lui-même lui auraient ménagé une sortie n'existe que dans l'imagination de M. Grillon de Givry'. Et eût-il existé, les détenteurs de Jeanne d’Arc n'auraient jamais pu y mener leur prisonnière. À supposer que la duchesse de Bedford ait voulu sauver Jeanne, quelle autorité avait-elle pour le faire? Et qui croira jamais que Cauchon se soit prêté à cette manœuvre? Il faut n'avoir pas lu les pièces du Procès pour croire que l'évêque de Beauvais ait imaginé d’arracher Jeanne aux Anglais. Lorsque la Pucelle eut prononcé, au cimetière de Saint-Ouen, cette fameuse abjuration — dont on ignore la teneur — et qui lui valut une condamnation à la prison expiatoire, il était facile à l’évêque de la remettre aux gens d'Église. Jeanne le lui demandait, elle pouvait. même dire que c'était son droit: « Or ça, entre vous gens d'Église, menez-moi en vos prisons et que je ne sois plus entre les mains des Anglais. » Or le seigneur évêque donna cet ordre : « Menez-la oùvous l'avez prise ?. » Les changements de costume dont on fait tant de bruit ne furent pour la prisonnière qu'une: nécessité à laquelle la réduisirent ses geôliers. En reprenant l’habit d'homme, Jeanne

4. M. de Givry indique (p. 54 Ile texte du procès de réhabilitation : Et'quod dux Bedfordiae erat in quodam loco secreto, ubi videbat

eamdem Johannam visituri. Ce loco secreto serait un < passage souterrain »! ;

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