Ibid
4, Ibid., v et vi.
tombeaux; il en était encore ainsi à Carthage, au temps de Cyprien. Clément de Rome invoque done le souvenir des apôtres romains, Pierre et Paul, souvenir resté vivant dans la communauté locale, fwov vob dyaobs érootélow. Cette allusion appelle naturellement un hommage aux autres chrétiens de Rome qui ont succombé vers le même temps. C'est pourquoi Clément ajoute que beaucoup d'autres martyrs ont partagé le sort des apôtres (roûroc roïç vpdouv.… ouvnôpolsôn rokb kïfos éxhe rü) et ont laissé à Rome {èv fuiv) un magnifique exemple. La persécution dont il est question ici ne peut être que la persécution de Néron. On voit que les deux chapitres sont étroitement liés l’un à l’autre : tous les faits qui y sont mentionnés se sont évidemment passés à Rome.
« Ainsi de ce texte célèbre, on doit tirer trois in= dications précieuses : 1° Clément considérait Pierre et Paul comme les « apôtres » de l'Église romaine; 2° il admettait le martyre de Pierre à Rome; 3° il plaçait ce martyre au temps de la persécution de Néron. Or, la lettre a été écrite à Rome, vers 95, trente ans après le martyre des deux apôtres, par un homme qui les avait sûrement connus. Il faut être bien exigeant pour ne pas reconnaître dans ce texte un témoignage de premier ordre{. »
Dans la première épître de saint Pierre, on lit?: « L'Église élue avec nous de Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils. » Que « Babylone » signi-. fie Rome, c’est l’avis d'à peu près tous les commen-
{. Monceaux, art. cil., p. 225-227.
2, I Ep., v, 18.
tateurs aujourd’hui'. Si l’épître est de saint Pierre, comme l'entendent les exégètes conservateurs, la question du séjour de l’apôtre à Rome est toute tranchée. Du moins l’ « ouvrage ne peut être postérieur au dernier tiers du 1°’ siècle », remarque M. Monceaux?. Et ainsi, qu'elle soit authentique ou apocryphe, elle est un sûr témoin de la croyance des Romains à la présence de saint Pierre dans leur cité.
Vers 110, Ignace d’Antioche écrivait aux chrétiens de Rome : « Je ne vous commande pas comme (le faisaient) Pierre et Paul. Eux, ils étaient des apôtres, moi je suis un condamné*. » Que conclure de ces paroles? « On a prétendu qu'Ignace songeait ici au rôle des deux apôtres à Antioche. L'interprétation est au moins étrange. Il est trop clair qu'Ignace, adressant une prière aux Romains, fait allusion aux rapports des apôtres avec les chrétiens de Rome, non avec ceux d’Antioche; il n'ose parler aux Romains comme leur parlaient Pierre et Paul. La phrase serait inintelligible, et la pensée incohérente, si les deux apôtres n'avaient été considérés dès lors comme les fondateurs de l'Église romaine‘, »
Avec Clément romain, la Prima Petri et saint Ignace’, nous avons des témoins qui sont contempo=