Loc. cit
pour obtenir pardon de sa faute. « Et pour ce elle y alla vestue comme un homme et fut comme souldoyer en la guerre du Saint-Père Eugène (IV), et fit homicide en la dicte guerre par deux fois. » Telle est la fausse pucelle qui « se maria à un chevalier dont elle eut deux fils ». Laissons-lui, si l’on veut, le nom de Jeanne des Armoises, mais gardons-nous de la confondre avec Jeanne d'Arc.
Il reste à expliquer comment elle parvint à mystifier les gens des environs de Metz, les Orléanais, voire les propres frères de Jeanne d’Are, Pierre du Lys et Petit-Jean.
Les Messins qui furent victimes de la supercherie ne sont guère nombreux, On cite quelques seigneurs, parmi lesquels Nicolle Lowe, qui fut chambellan de Charles VII. « Ces seigneurs la reconnurent à plusieurs enseignes pour la Pucelle Jeanne, qui avait mené le roi Charles à Reims. On nommait alors enseignes certains signes sur la peau. Orune prophétie relative à Jeanne disait qu’elle avait une petite tache rouge sous l'oreille. Cette prophétie fut faite après l'événement : nous devons donc croire que la Pucelle était marquée de ce signe. Fut-ce à telle enseigne que les gentilshommes messins la reconnurent!? » Quand l’esprit est prévenu, le moindre signe suffit à le convaincre. Les rumeurs qui circulaient sur la survivance de Jeanne d'Arc prédisposaient les Messins, comme tant d’autres, à reconnaître la première Pucelle qui se présenterait à eux, pour peu qu’elle ressemblât à la Pucelle véritable. Le mystère dont s’enveloppait l’aventurière, qui, de peur d’être dé-