Anatole France, op, cil., t. II, p. 409-M
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masquée, « parlait le plus de ses paroles par paraboles », fitle reste.
Quant aux Orléanais, « s’ils la reconurent pour la vraie Pucelle Jeanne, ce fut moins par leurs yeux assurément que sur la foi des frères du Lys. Ils l'avaient si peu vue, quand on y songe! Dans la semaine de mai, elle ne s’était montrée à eux qu'armée et chevauchant ; puis elle n'avait plus fait que traverser la ville en juin 1429 et en janvier 1430. II est vrai qu'on lui avait offert le vin et que les procureurs s'étaient assis à table près d'elle; mais il y avait de cela neuf ans. Neuf ans ne se passent pas sur le visage d’une femme sans y faire des changements. Ils l'avaient laissée fille en son très jeune âge, ils la retrouvaient femme et mère de deux enfants; äls croyaient sage de s'en rapporter à ses proches !. »
Mais ses proches} en vérité, les deux frères de Jeanne d'Arc, ont-ils pu se tromper sur l'identité de la personne qui leur fut présentée comme étant leur sœur? « Ressemblât-elle beaucoup à la fille de Romée, la femme de la Grangeaux Ormes ne pouvait longtemps abuser des hommes qui, nourris avec Jeanne et venus avec elle en France, la connaissaient intimement », remarque un historien?. Il faudrait en conclure qu'ils furent complices de la supercherie, et cela pour des motifs peu honorables de politique et d'intérêt. [ls auraient fait le jeu de Charles VII, « qui
14. Anatole France, 0p. cit., t. II, p.495. M. Grillon de Givrypeut faire lui-même expérience : qu'il affuble en militaire une femme de Jui connue, et il verra combien il est difficile de reconnaitre la même personne sous deux costumes différents; à plus forte raïson quand il s'agit de reconnaître une femme diversement costumée à dix ans d’intervalle.