‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 93 sur 142 · Anatole France, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Anatole France, op. cit., t. II, p

souffrait cruellement dans son honneur ‘de la con- ‘damnation et du supplice-de Jeanne », et qui, par le moyen d’une substitution habile, voulait « faire croire que la Pucelle n’était pas morte de la mort des sorcières, mais que, par la vertu de son innocence et de sa sainteté, elle avait échappé aux flammes ! ».

Cette:solution-d’un problème psychologique extrémementdélicat nous paraît quelque peu aventureuse. M. Pierre d'Arc, un des descendants des frères du Lys, a dégagé plus judicieusement, selon nous, la responsabilité de ses ancêtres. « Leur simplicité rustique fut dupe de la ressemblance, dit-il. Peut-être, sans trop leur faire injure, ne serait-il pas téméraire -de supposer que, outre la joie de retrouver leur'sœur vivante, l'espoir de voir accroître encore l'honneur et les avantages que les ‘exploits de la vraie Jeanne avaient procurés à sa famille, continua à les maintenir dans l'erreur où leur crédulité les fit tomber. Et ne 'tenaïent-ils pas pour croyable qu'avec la permission de Dieu, la sainte fille fût ressuscitée ?.… [ls étaient accoutumés aux miracles?. »

Quoi qu’il en soit, les frères de la Pacelle, Pierre et Jean, paraissent avoir oublié assez vite l'aventure dans laquelle ils s'étaient engagés de 1436 à 1440, En 1455, au procès de réhabilitation de Jeanne:d’Arc, où ils figurent comme témoins et même comme demandeurs, il n'est fait aucune mention de Jeanne des Armoises, dame de Tichiemont.

Ce n’est que plus tard, beaucoup plus tard, qu'il “prit fantaïsie à des historiens, en mal de nouveautés,

d'identifier les deux personnages. Mais à chaque

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