Ibid., p
2, Cité par Grillon de Givry, p. 31.
reprise, leur tentative a échoué. Celle de M. Grillon de Givry aura, espérons-le, le même sort que les autres.
En composant sa brochure sur la Surpivance et le mariage de Jeanne d'Arc, M. Grillon de Givry avait, il ne s’en cache pas, l’arrière-pensée de discréditer la Pucelle d'Orléans et de nuire à sa mémoire. Il ne lui plaît pas que l'Église se prépare à la canoniser!. Le culte qu'on lui rend déjà le blesse dans ses sentiments religieux. Jeanne d'Arc est, à ses yeux, du même ordre que la Pucelle du Mans, Jeanne la Fé« ronne, et tant d'autres illuminées qui surgirent au xv° siècle. Il n’est venu à l’idée de personne de mettre celles-ci sur les autel. La Pucelle d'Orléans n'y avait pas plus droit que ses comparses. Il est regrettable qu'elle « aitusurpé une place aussi considérable dans le catholicisme... La Pucelle lorraine a supplanté dans certaines églises et jusque sur son autel la Mère des Miséricordes.… Les catholiques regretteront amèrement, en un jour fort prochain peut-être, cette aberration coupable, cette adoration extravagante,
cette folie johannique, qui s’est traduite par une . profusion désordonnée et encombrante de statues,
de poèmes, de cantates et de drames, que nous avons vu éclore depuis un quart de siècle, en l honneur de la Pucelle d'Orléans ? ».
M. Grillon de Givry s’est proposé d'arrêter ce débordement de manifestations religieuses. Mais,
4. Gette canonisation est maintenant un fait accompli. 2. Grillon de Givry, op. cit., p. 76-77.
comme sa brochure n'a aucune valeur critique, nous doutons fort qu’elle réussisse à ralentir le mouvement qui porte les âmes vers la martyre de Rouen. L'héroïne d'Orléans, de Patay et de Reims n’a rien à voir avec la dame des Armoises. Et quoi qu’en pensent les Jérôme Vignier, les Daniel Polluche, les Gaston Save, les Grillon de Givry et les Victor Méric, l'Église et la France continueront d'honorer en Jeanne d’Arc « la vierge lorraine » et « la sainte . de la Patrie ».