‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 98 sur 142 · P, L., t: CLXXXV, col · texte numérisé non relu

P, L., t: CLXXXV, col

2, Rationale divinorum officiorum, pars IV, cap. xx, éd. de 1565, p. 123.

3. Pomerium. Ravennatis ecclesiwe seu historia universalis, dans. Muratori, Rerum Italic. seript., t: IX, col. 114, ad ann, 1297.

4. Dans l'édition de 1483. Cf. ce que nous avons dit plus haut au sujet de Jean de Trittenheim.

Regina. C'est vraisemblablement chez Jacques de Voragine, dit le P. Jean de Valois, que Guillaume Durand, qui visita longuement l'Italie, a pris son renseignement sur les origines du Save. Ainsi la tradition écrite favorable à Pierre de Compostelle serait uniquement de provenance italienne.

Il convient d'y joindre une tradition littéraire purement espagnole. Le poète Berceo (+ 1246) et Alphonse X, qui monta sur le trône en 1252, introduisent da ns leurs poésies, nous dit-on?, un élément inconnu aux autres pays, le Salve Regina. N'est-ce pas un indice que le Save a pris naissance en Espagne et plus précisément à Compostelle, comme le veulent les chroniqueurs ? |

La tradition écrite à laquelle s’en réfère M. Arce est loin de fournir une preuve décisive en faveur de son opinion. De qui les chroniqueurs italiens, dont les ouvrages ne sont pas antérieurs à la seconde moitié du xu° siècle, tenaient-ils leurs renseignements? On ne peut citer aucun écrivain espagnol qui les leur ait fournis. L'Historia Compostellana, composée moins de cent ans après la mort de Pierre de Mezonzo, à la demande de Diego Gelmirez, premier archevêque de Compostelle, n’en dit rien. Ce silence est au moins surprenant. f

Les poésies de Berceo et d’Alphonse X seront-elles |

plus instructives ?

Berceo, qui imite constamment Gautier de Coinci, notre poète français, jusque dans sa légende de

4. Longobardica historia, De sancto Pelagio, Haguenau, 4516, et Legenda sanctorum, Lyon, 1510. Cf. Jean de Valois, op. cit., p. 31,

2, Oviedo Arce, op. cit., p. 45.

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LE « SALVE REGINA ». … 169 Théophile, ajoute à celle-ci l'épisode du Save chanté par la foule en reconnaissance d’un miracle opéré par Notre-Dame. Faut-il en conclure que le Salveest espagnol? Mais la poésie française de la même époque renferme de continuelles allusions au Salve, remarque M. Gastoué!. Et cette antienne était chantée ‘à Cluny bien avant que Berceo ne songeât à la mentionner. Comment tirer de tout cela une indication sur le lieu d’origine du Salve Regina ? Alphonse X mit à contribution les Miracles de Gonzolo de Berceo. D'autre part, ses Cantigas, je veux dire les plus anciens manuscrits des Cantigas, dont l’un semble avoir été annoté de la main même du roi, ne sont pas antérieurs à la seconde moitié du xu1° siècle?. Contiennent-ils du moins un renseignement précis sur le Sa/pe? Dans le cantique 262 nous lisons le récit d’un miracle accompli au Puyen-Velay$. Une femme sourde et muette, s'étant trouvée enfermée dans l’église pendant la nuit, entendit les saints et les saintes du paradis qui chantaient en l'honneur de la sainte Vierge le Save Regina. Et incontinent elle fut guérie. Le lendemain, les fidèles vinrent ouïr la messe. La miraculée alla vers eux et leur chanta le Sa/pe : tous le répétèrent et, ajoute le poète :.

Et esta foi a primeira Vez que nunca foi cantada.

Et ce fut la première fois que jamais fut chanté (le

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