Sur tout ceci, cf. Burn
3. C'est le sentiment du pape Nicolas I" dans sa lettre aux Bulgares : • a quodam Judaeo, nescitis utrum christiano an pagano, multos in patria vestra baptizatos asseritis, et quid de liis sit agenduni consulitis. Hi profecto, siinnomineS.Trinitatisvel tantum innomine Christi, sicut in Âctibus Apostolorum legimus, baptlzàti sunt (unum quippeidemqueestutsanctusAmbrosius exponit. De Spiritu Sancto, lib. I, cap. in), constat eos non esse denuo baplizandos ». Mansi, Concilia, t. XV, p. 432, c.lOi. Cf. saint Thomas, Summa theologica, De Baptismo, quest. LXVI, art. 6; Mclchior Canus, lib. YI, c. i, n° 7.
toutes les vraisemblances historiques vont à faire croire que l'Église romaine et, dans un sens plus général, l'Église primitive tout entière employait pour le baptême la formule trinitaire recommandée par le texte de saint Matthieu \
Ce qui est sûr, c'est que ces deux formules, si frappantes dans l'enseignement authentique des Apôtres, ont formé le noyau primitif autour duquel se sont agglomérés soit peu à peu, soit d'un seul coup, les divers articles du Symbole baptismal de l'Église romaine.
Serait-il possible de reconnaître ces articles dans les ouvrages des Pères dits apostoliques, par exemple de saint Clément de Rome, de saint Ignace d'Antioche et de Polycarpe d'Éphèse, ou dans la Didachê qui est du même temps ^ ?
L'épître de saint Clément de Rome aux Corinthiens renferme une mention assez expresse et plusieurs fois répétée de la doctrine trinitaire^. Mais on n'y relève rien qui porte le caractère de la formule du Credo; le Père, par exemple, n'y est désigné que sous le nom de « Dieu » ; à plus forte raison n'y trouverait-on pas la locution si significative : « Dieu le Père tout-puissant ».
Saint Ignace eut l'occasion de développer à maintes reprises dans ses épîtres sa règle de foi touchant le dogme de la Trinité et la personne du Christ. Dans l'épître aux Magnésiens, par exemple, il désigne les personnes divines dans l'ordre suivi par saint Paul
1, M. Burn {ouv. cité, p. 20-2î>) a bien élucidé cette question.
2. En fixant, avec Lightfool et Zahn, entre 80 et 120 la date de la composition de la Didachê, on ne risque guère de se tromper.