Mémoires de Tavannes, éd. Panthéon littéraire, p
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Il soutint néanmoins sa cause devant le conseil avec autant d'habileté que d'ardeur ^ . Mais le parti de la paix l'emporta. Comme on l'a remarqué, « certains chefs catholiques s'effrayaieat de voir la guerre conduite par l'amiral, qui y poussait surtout avec la pensée de soutenir ses coreligionnaires des Flandres ; et ils en redoutaient presque le succès ; car étant dû en grande partie au contingent si aguerri des troupes protestantes, leur parti prendrait en France trop d'autorité, trop de prépondérance. L'intérêt patriotique, c'est la faute du temps, était ainsi primé par l'intérêt religieux ^ » .
Coligny contint mal l'indignation que lui causait son échec. Apostrophî\jit le roi : « Puisque l'avis contraire au mien l'a. emporté, je n'ai plus rien à dire; mais par avance je suis certain que vous vous en repentirez » ; et s'adressant à la reine : « Le roi se refuse à entreprendre la guerre ; Dieu veuille qu'il ne lui en survienne pas une autre dont il ne sera pas en son pouvoir de se retirer ^ ! »
Ces paroles renfermaient-elles une menace ? L'ambassadeur vénitien, Michieli, qui nous les rapporte, ne le pense pas. Mais il est fort vraisemblable que Catherine de Médicis les prit pour telles ; et elle s'en souviendra'''. Cependant, tranquillisée, elle rejoi-
1. Bibliollicque nationale, fonds français, n" 3930; cf. H. de la Perrière, OUV. cit., p. LXIV-LXVI.