Ibid., p
3. Comme l'amiral se proposait de .« transférer à aulruy ma couronne... me suis résolu de laisser le cours d'une justice à la vérité extraordinaire et autre que je n'eusse désirée, mais telle qu'en semblables.personnes il estoit nécessaire de pratiquer, si je ne me feusse voulu mectre en danger d'allumer ung nouveau feu en mon royaulme ». Lettre du 12 septembre, H. de la Perrière, Lettres de Catherine de Médicis, t. IV, p. 122. Déjà le 2S août, un mémoire adressé à Schômberg pour les princes d'Allemagne disait : « Le Roy déclare que ayant appris que le dict amiral et ses adhérents avaient résolu de se venger et attenter contre Sa Majesté la Royne sa mère et Messeigneurs ses frères. • Ibid., p. 113.
4. Le S septembre 1372, Michieli écrivait au Sénat de Venise : « On continue la tuerie des Huguenots dans tout le royaume, et hier matin , pour implorer la protection spéciale de Dieu pour cet événement, on a fait une très solennelle procession publique avec l'assistance du roi, de la reine, des frères du roi et de tout le clergé avec le très Saint-Sacrement et les saintes reliques. » Relations des ambassadeurs vénitiens, loc. cit., p. 94.
et de ses amis ; de là la condamnation de l'amiral qui fut brûlé en effigie ^ , l'exécution de Cavaignes et de Bricquemault^.
Sil'idée d'un complot, éventé et prévenu par le massacre de ceux qui l'avaient conçu, était ainsi répandue partout avec tant d'insistance, quoi d'étonnant qu'elle ait été acceptée et accréditée dans l'entourage de Grégoire XIII ? Nous avons déjà remarqué qu'à la fin de septembre l'ambassadeur de France, Ferais, y ajoutait foi. Quelques jours auparavant, le cardinal de Pellevé attestait, dans une lettre adressée à Catherine de Médicis, que tel était le sentiment général à Rome : « Madame, la joie de tous les gens de bien est entière dans ceste ville, et ne s'est jamais ouïe nouvelle de plus grande alégresse de voir Vos Majestés hors de danger et mesmes de ceste dernière conspiration ^. »
Un document quasi officiel témoigne que, vers la fin de décembre, c'était encore l'opinion reçue. Le roi de France avait envoyé Nicolas, seigneur de Rambouillet, frère du cardinal de ce nom, féliciter Grégoire XIII de son élévation au souverain pontificat. L'ambassadeur extraordinaire fut recule 21 décembre''. Le 23, l'humaniste Muret prononça devant le pape, les cardinaux et l'ambassadeur un discours
4. La cour, dans son arrêt contre Coligny, décréta que chaque année des prières publiques et processions solennelles auraient lieu le 2i août, pour rendre grâces à Dieu de la découverte de sa criminelle conspiration.
2. Le 27 octobre. Voir, pour les détails de l'exéculion, H. de la Perrière, Lettres de Catherine de Médicis, t. IV, p. cxxxvii.
3. Lettre du 12 septembre, Bibliothèque nationale, fonds français, n» 16040, iol. 19Q; cf. Revue des Questions historiques, t. XXVn (1880), p. 274.